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La pandémie aggravée par la polarisation politique

La pandémie aggravée par la polarisation politique
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La politisation de la pandémie a entraîné des centaines de milliers de morts évitables aux États-Unis, surtout parmi les électeurs républicains.

Comme Joe Biden le répète constamment, la pandémie est devenue une « pandémie des non-vaccinés ». L’histoire retiendra aussi que ce fléau, qui a fait à ce jour plus de 850 000 morts, a été tragiquement amplifié par la polarisation politique, l’obstination idéologique de la droite fêlée et la mollesse des politiciens républicains.

Une pandémie politique

Avant les vaccins, une partie du bilan désastreux de la pandémie aux États-Unis s’expliquait par l’incompétence de l’administration Trump et l’obsession de l’ex-président à minimiser le danger du virus à des fins politiques.

À son crédit, Trump a su créer les conditions favorables au développement rapide des vaccins. L’administration Biden a ensuite relevé l’immense défi de vacciner tous ceux qui en font la demande. Aujourd’hui, toutefois, plus de 100 millions d’Américains ne sont pas adéquatement vaccinés et beaucoup d’entre eux n’ont aucune intention de le devenir. Comme chez nous, ce sont eux qui font déborder les hôpitaux – et les morgues.

La lutte à la pandémie est devenue partisane. La plupart des non--vaccinés sont aussi des trumpistes convaincus et ce sont les États républicains qui s’opposent le plus aux mesures visant à maximiser la vaccination et à contenir la propagation du virus.

Rigidité idéologique et mollesse politique

Avec le temps, la résistance à la vaccination et aux mesures de contrôle devient un symbole politique de plus en plus fort et les politiciens républicains hésitent à indisposer ces partisans irréductibles.

Ce noyau dur est constitué de conservateurs religieux vulnérables aux théories du complot et imperméables à l’argumentation scientifique. Leur rigidité idéologique est telle que plusieurs d’entre eux semblent préférer s’exposer au risque (parfois à la certitude) de mourir plutôt que de se conformer aux directives d’un gouvernement qu’ils croient illégitime.

Même si les politiciens républicains sont pratiquement tous vaccinés et probablement conscients des dangers de cette résistance, ils n’osent pas contrarier ces partisans ni contredire la désinformation omniprésente dans les médias de droite. Cette attitude des leaders d’opinion contribue à normaliser – voire à valoriser – la résistance aux mesures de santé publique au nom d’une conception tordue de la liberté individuelle.

Pourtant, ce sont des dizaines, voire des centaines, de milliers de leurs propres électeurs qui ont été et risquent encore d’être fauchés par la pandémie. Curieuse stratégie électorale.

Mourir pour des idées...

Les États-Unis font face à une version plusieurs fois amplifiée du problème que nous vivons avec nos propres irréductibles antivaccins.

Malheureusement, l’ampleur de la tragédie qui frappe nos voisins ne semble pas changer grand-chose à leur détermination de s’exposer et d’exposer leurs proches aux graves conséquences de la COVID-19, au nom de la « liberté ».

Au contraire, la normalisation de ces idées nocives chez nos voisins contribue à convaincre ces irréductibles de la justesse de leur cause. Cela rappelle ces mots de Georges Brassens : « Mourons pour des idées, d’accord, mais de mort lente... »

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