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10 ans après la commission Charbonneau: Marc-Yvan Côté vend des crayons de retouches pour peinture d’automobiles

Que sont-ils devenus? Lisez notre dossier complet

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PHOTO D'ARCHIVES JOURNAL DE MONTRÉAL Marc-Yvan Côté, à la barre de la commission Charbonneau, le mercredi 11 juin 2014, à Montréal.

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Organisateur politique, Marc-Yvan Côté a également été député et ministre libéral québécois (Transport, Santé) jusqu’en 1994. Trois semaines après son départ de la politique, il a été engagé par la firme d’ingénierie Roche à titre de vice-président principal au développement des affaires, avant de devenir consultant à partir de 2005 jusqu’en 2011.

Son passage devant la commission  

Lors de son témoignage, en juin 2014, il a reconnu que des entreprises étaient sollicitées pour financer les partis politiques.

Il a expliqué aussi qu’à son époque, les députés avaient des objectifs de financement selon leur circonscription et que les ministres avaient des cibles plus élevées, puisqu’ils avaient un plus gros poids politique. 

Il a admis que Roche avait remboursé des contributions politiques de ses employés, ce qui est illégal. Selon lui, les entreprises ne donnaient pas pour avoir un contrat précis en retour, mais plutôt pour tisser des liens et s’assurer de pouvoir faire entendre leurs préoccupations. 

Tout en travaillant pour Roche, Marc-Yvan Côté était aussi solliciteur pour le PLQ. Il s’est impliqué dans l’organisation de cocktails de financement pour la ministre Nathalie Normandeau. La Commission a conclu, dans son rapport final, que les liens privilégiés entre M. Côté et le cabinet de Mme Normandeau ont mené à l’obtention de plusieurs contrats pour Roche, entre 2005 et 2009.

Ce qu'il a dit en audience  

«À l’époque, que de contribuer aux partis politiques [...] c’était dans les mœurs [...] le nier aujourd’hui, c’est nier une évidence et je suis pas devant la commission pour être hypocrite.»

Ce qu’il est devenu  

En mars 2016, Marc-Yvan Côté a été arrêté en même temps notamment que Nathalie Normandau et Bruno Lortie par l’UPAC. Il a été accusé de fraude envers le gouvernement, de complot et de corruption, entre autres.

M. Côté a demandé et obtenu, au terme de nombreuses procédures, l’abandon des accusations contre lui et ses coaccusés, en raison de délais judiciaires déraisonnables.

Contacté par Le Journal, M. Côté affirme que la commission a eu peu d’impact sur sa vie professionnelle ; mais il n’a pas souhaité revenir sur cette période. 

«Je considère que j’en ai assez entendu parler [...] ça me tente pas de rebrasser les affaires». 

Aujourd’hui, il gère quelques jours par semaine son entreprise, Tupp, qui vend des crayons de retouches pour peinture d’automobiles. 

«Quand on a été actif, on reste toujours actif», dit-il. 

M. Côté assure maintenant que la politique est un chapitre bien clos. 

«J’ai assez donné et on m’en a assez pris», dit-il.

  

  • Écoutez Jean-Louis Fortin, Directeur du Bureau d'enquête de Québecor, sur QUB radio:

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