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Approvisionnement: des tablettes vides dans les épiceries

Certaines variétés de produits deviennent de plus en plus difficiles à trouver dans les magasins

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Pâtes, jus, biscuits... même la litière pour chats commence à manquer sur certaines tablettes d’épiceries en raison des chocs de la chaîne d’approvisionnement et de la pénurie de main-d’œuvre, qui vient gâcher la sauce.

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« Les tablettes sont extrêmement vides. Il n’y a plus grand choix », soupire Chantal Filiatrault, à la recherche de litière pour ses trois chats, croisée dans un Walmart de Longueuil, plus tôt cette semaine. 

« Avec les épices, plus de la moitié des étagères étaient vides », lance Fellah Zoubir, qui n’arrivait pas non plus à trouver son eau embouteillée dans un autre Walmart du grand Montréal, non loin de là.

Au Journal, le géant américain a confirmé que les chaînes d’approvisionnement sont « perturbées ». Demande accrue des consommateurs, pénuries de conteneurs et de navires, météo, confinements et pénuries de main-d’œuvre ont des répercussions sur les tablettes des supermarchés.

Dans des Walmart de Longueuil visités plus tôt cette semaine, les tablettes étaient parfois dégarnies.
Photo Francis Halin
Dans des Walmart de Longueuil visités plus tôt cette semaine, les tablettes étaient parfois dégarnies.

« Comme d’autres détaillants, nous subissons des impacts isolés et temporaires sur notre chaîne d’approvisionnement. Nous nous attendons à une amélioration de la disponibilité des produits dans les semaines à venir », a expliqué au Journal son porte-parole Steeve Azoulay. 

Plus tôt en semaine, le PDG de Metro, Eric La Flèche, avait aussi donné le ton. « Je pense que nos clients peuvent bien se nourrir [...], mais il manque de variétés. Il y a plus de trous qu’à la normale », avait-il admis.

« Avec tout ce qui se passe au sein de l’industrie du camionnage, s’attendre à la perfection à l’épicerie serait déraisonnable pour un certain temps », estime à son tour Sylvain Charlebois, directeur du laboratoire de recherche en sciences analytiques agroalimentaires de l’Université Dalhousie.

Faire des provisions ? 

Au Maxi de Saint-Basile-le-Grand, jeudi, France Riel avait elle aussi du mal à trouver les pâtes, fromages, sauces et bouillons qu’elle a l’habitude d’acheter. 

« Ça commence à être inquiétant pour les consommateurs. Je me questionne : est-ce que je vais faire des provisions ? Ça se pourrait », est allée jusqu’à dire la technicienne en services de garde, en plein dilemme.

France Riel constate qu’il y a des trous dans les rangées des supermarchés. On la voit ici dans un Maxi de la Rive-Sud.
Photo Francis Halin
France Riel constate qu’il y a des trous dans les rangées des supermarchés. On la voit ici dans un Maxi de la Rive-Sud.

Le propriétaire du Provigo de Chertsey, dans Lanaudière, Bruno Desrochers, ressent aussi de plus en plus les effets de l’essoufflement de la chaîne d’approvisionnement sur les étals de son magasin.

« Les pâtes, les céréales, les biscuits sucrés sont assez vides, mais on ne bouche pas les trous pour donner un signal au client que le stock est un peu bas », observe-t-il. 

D’après lui, les clients sont compréhensifs parce qu’ils voient bien que les nombreux effets de la pandémie se répercutent jusque sur les tablettes.

« On vit avec. Je ne me sens [pas] plus mal de voir des trous. En 2017-2018, ça aurait été impossible, mais maintenant c’est la normalité », ajoute celui qui porte aussi le chapeau de vice-président de l’Association des détaillants en alimentation du Québec (ADA).

Moins à Québec 

Contrairement à Montréal, les trous sur les tablettes semblaient moins présents dans la grande région de Québec, jeudi, lors de la visite du Journal dans des Maxi, Metro et Walmart.  

Au Conseil canadien du commerce de détail (CCCD), qui fait des suivis à plusieurs reprises par semaine auprès des géants de l’alimentation comme Sobeys et Loblaw, on reconnaît avoir de la difficulté avec certains articles, en plus de constater des retards de livraison. 

« Il n’y a pas de produits manquants, peut-être de variétés, oui, dans certains cas [...] Personne ne nous parle de rupture de stock », résume son président Michel Rochette. 

« Comme raisons, il y a la pénurie de main-d’œuvre. [...] Il y a également un enjeu de transport mondial et il y a aussi la situation avec les camionneurs qui vient rajouter une couche », conclut-il. 

– Avec la collaboration d’Olivier Bourque et Julien McEvoy


Plus de 140 000 camionneurs ne peuvent plus traverser la frontière, d’un côté ou de l’autre, depuis le 22 janvier, en raison de la vaccination obligatoire, rappelle Sylvain Charlebois, qui s’attend à ce que la nourriture coûte plus cher.