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Défoulement collectif contre les mesures sanitaires

Les «antitout» ont profité du passage de camionneurs en colère pour montrer leur opposition à d’autres enjeux

GEN - CONVOI DE LA LIBERTÉ 2022
Photo Martin Alarie La foule salue le départ de camionneurs ­­­de Stanstead, en Estrie.

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OTTAWA | La manifestation des camionneurs opposés au passeport vaccinal à la frontière prévue aujourd’hui s’est transformée en un grand exutoire collectif contre les mesures sanitaires et antisystèmes.

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« F... Trudeau ! » hurle un homme au volant d’un pick-up. Au feu rouge, le poing enfoncé sur son klaxon, il brandit un doigt d’honneur en direction du Parlement, situé à un coin de rue. 

De l’autre côté de la rue, un autre traîne une remorque où est installée une immense pancarte « No more lockdowns » (Plus de confinement). Sur le trottoir, des piétons applaudissent en brandissant des drapeaux. Tout sourire, ils donnent l’accolade aux policiers. L’alcool échauffe déjà les esprits.

Jill Hickie a pris deux semaines pour construire les affiches sur sa voiture, ici à Ottawa.
Photo Francis Pilon
Jill Hickie a pris deux semaines pour construire les affiches sur sa voiture, ici à Ottawa.

En fin de journée hier, ils sont déjà des milliers. Un premier convoi de camions en provenance de Kingston, en Ontario, occupe la rue Wellington face au Parlement. D’autres, possiblement plus nombreux encore, sont en route depuis l’Ouest, le Québec et les Maritimes.

Crier leur colère

Les camionneurs ont entraîné dans leur sillage des commerçants, restaurateurs, mères de famille et même Autochtones. Ces « antitout » sont venus crier à Justin Trudeau leur colère.

« La phase de la débilité collective, ça fait. Fini la passe sanitaire. On n’en veut plus », lance Sébastien Roy en brandissant un fleurdelisé. Il est venu de Magog, en Estrie, après s’être fait refuser l’accès à un commerce.

Des dizaines de véhicules hier soir devant le Parlement d’Ottawa.
Photo Clara Loiseau
Des dizaines de véhicules hier soir devant le Parlement d’Ottawa.

Nancy, elle, a fait la route depuis Toronto avec une amie. Elle brandit les drapeaux du Canada et du Mexique, son pays d’origine, et dit refuser de recevoir le vaccin pour « sauver » son « ADN » et son « âme ».

Autour d’eux, les klaxons assourdissants résonnent sans interruption. Le volume et l’intensité augmentent d’heure en heure. Des camionneurs font gronder leur moteur, d’autres font crisser leurs pneus et invectivent les passants qui osent porter le masque.

Début du siège

Le siège commence et les résidents qui le peuvent quittent la ville. À la pharmacie, à quelques coins de rue du Parlement, Elisabeth est venue chercher ses médicaments avant de partir. Elle indique avoir pris sa décision après avoir entendu l’inquiétude du chef de police d’Ottawa, Peter Sloly.

Plusieurs policiers montaient la garde devant le Parlement.
Photo Agence QMI, Maxime Deland
Plusieurs policiers montaient la garde devant le Parlement.

« La manifestation ce week-end va être unique, fluide, risquée et significative », a-t-il dit en conférence de presse, se montrant inquiet de la « polarisation » et des « loups solitaires qui pourraient s’insérer ».

Il a souligné que des acteurs nationaux et internationaux utilisent l’événement pour « inciter à la haine, à la violence et à la criminalité ».

« Je ne crois pas que les truckers vont être violents », répond Robert, venu de Peterborough pour manifester « plusieurs semaines s’il le faut. S’il y a de la violence, ça va être instigué par le gouvernement lui-même, ou alors par des groupes qui ne sont pas rationnels. 

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