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Preuves insuffisantes contre Ducharme

Ducks vs Canadiens
Photo Martin Chevalier Les visages étaient longs au banc du Canadien, jeudi, quand la troupe de Dominique Ducharme s’est inclinée devant les Ducks.

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Depuis quelques jours, peut-être quelques semaines, on s’interroge sur le travail de Dominique Ducharme.

Et avec les résultats de la première moitié de la saison, c’est justifié.

Mais a-t-on toutes les preuves pour l’amener au banc des accusés ?

Je crois plutôt que l’entraîneur a une cause intéressante. Mais dans le monde du sport, on est parfois moins exigeant quand vient le temps de trouver un coupable. Vous connaissez le cliché : difficile de congédier 23 joueurs. Très facile de jeter le blâme sur celui qui tient les guides.

Et Ducharme n’y échappe pas.

On s’interroge sur son plan de match ; peut-être qu’il n’accommode pas tout le monde, j’en conviens. Mais ne devrait-on pas analyser le travail des gens invités à appliquer le concept, et ensuite en tirer des conclusions ?

Se pourrait-il que certains joueurs n’aient pas acheté la structure que propose le coach, cette même structure qui leur a permis d’atteindre la grande finale pour l’obtention de la coupe Stanley, il y a à peine quelques mois ?

À cet égard, l’instructeur aurait-il dû modifier sa préparation en fonction des effectifs qu’on lui a confiés ?

Sans doute.

Croyait-on qu’on pouvait répéter l’expérience de la saison passée avec le départ et l’absence de joueurs ayant exercé un impact majeur ?

De nombreuses questions

Mais avant de tirer à boulets rouges sur l’entraîneur, peut-on poser quelques questions ?

Ducharme est-il le grand responsable des déboires de Jeff Petry ?

Est-il responsable du fait que Cole Caufield ne marque pas ?

Est-il responsable du fait que les gardiens éprouvent des ennuis ?

Est-il responsable du fait que Jake Allen s’absentera jusqu’à la fin mars ?

Est-il responsable de l’absence de Carey Price ?

Est-il responsable des absences répétées de Joel Armia, deux fois sur la touche en raison de la COVID-19 ?

Est-il responsable de la perte de Mathieu Perreault pour une longue période ?

Est-il responsable du début de saison très décevant de Christian Dvorak ? Mais voilà qu’au moment où il semblait disposé à répondre aux attentes des décideurs de l’organisation, il est de nouveau sur la touche.

Ducharme est-il responsable de l’absence prolongée de Tyler Toffoli ? Depuis son retour, il exerce un impact au sein de la formation.

Ducahrme est-il responsable de la blessure de Josh Anderson, qui a de la difficulté à marquer depuis qu’il est revenu au jeu ?

Est-il responsable que Shea Weber ait déclaré forfait ?

Est-il responsable que Joel Edmundson n’ait disputé aucun match cette saison ?

Est-il responsable des présences de Brendan Gallagher à l’infirmerie ?

Est-il responsable que Paul Byron n’ait toujours pas repris les activités ?

Oh !, est-il responsable de l’absence de Jonathan Drouin ?

Patauge dans la médiocrité

Certes, quand une équipe patauge dans la médiocrité, tous les gens impliqués ont une part des responsabilités. Et habituellement, l’entraîneur est le premier à absorber les contrecoups.

Pourra-t-il éviter le pire ?

Jeff Gorton et Kent Hughes ont été embauchés pour remettre la concession sur les rails. Et, même si on répète que ça pourrait prendre un certain temps, le propriétaire et les actionnaires n’auront pas la patience d’attendre bien des années. Le statut de Ducharme demeure donc incertain.

Gorton a affirmé que son entraîneur serait en poste jusqu’à la fin de la présente saison. Hughes partage-t-il l’idée de Gorton ?

Peut-on croire que la situation du CH changerait radicalement avec un nouveau maître à bord ? 

Tant et aussi longtemps que le Canadien sera composé de plusieurs joueurs qui, dans les faits, devaient passer une partie de la saison dans la Ligue américaine, tant et aussi longtemps qu’on devra composer avec des effectifs réduits, ça ne changera pas tellement la situation.

Donc, faut-il espérer que Hughes tentera de mieux connaître Ducharme ? Il passera beaucoup de temps avec son entraîneur pendant la pause du match des étoiles. Et Ducharme mérite qu’on lui accorde le droit d’expliquer sa vision sur la façon de diriger une équipe professionnelle. Celle qu’il tente de mettre en application, sauf qu’il n’a pas tout le matériel pour y parvenir.

Le leadership

Qu’on lui reproche de ne pas avoir démontré plus de leadership en début de saison, c’est une chose. En parlant trop souvent des absents, il a donné aux patineurs les excuses pour camoufler leurs contre-performances. Également, aurait-il dû inviter un ancien entraîneur-chef à le seconder ? Qui sait ? Plusieurs l’ont fait dans le passé... ou encore le directeur général se chargeait de l’imposer.

Mais après une demi-saison et l’arrivée d’un nouveau shérif, d’un nouveau directeur général, d’une nouvelle vice-présidente des communications, d’un responsable par intérim du département du recrutement et du développement, et l’approche de la date limite des transactions (pour compléter l’effectif ou en profiter pour faire un nettoyage du printemps), il s’agit maintenant de mettre les priorités aux bons endroits.

Notamment, s’assurer qu’on profitera des aubaines qu’offrira le marché des transactions. Se préparer également en fonction du repêchage alors que le Canadien n’aura pas le droit à l’erreur. Et comprendre l’importance plus que jamais du marché des joueurs autonomes sans compensation.

Il faudra aussi un jour résoudre le dossier de Carey Price.

Doit-on garder Ben Chiarot ou l’expédier dans une autre ville ?

Quels sont les joueurs qui n’ont plus leur place ?

Pas le moment

Un changement d’entraîneur est bien secondaire pour l’instant. D’ailleurs, pourquoi prendre cette décision à ce stade-ci de la campagne ? N’est-il pas préférable d’attendre à l’entre-saison, quand les candidats seront nombreux ?

Et qui sait, Ducharme peut-il convaincre Gorton et Hughes qu’il fait partie de la solution ?

Quand une équipe totalise huit victoires à la mi-saison, il est évident que l’homme derrière le banc devient le principal suspect. Mais encore faut-il avoir des preuves convaincantes pour aller plus loin dans les accusations.

Et ce n’est pas le cas présentement.

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