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Tout ça pour ça

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Quand on y pense, ça fait déjà 10 ans que le Québec s’est payé un grand ménage dans son industrie de la construction qui était gangrénée par la collusion et la corruption.

Est-ce que le spectacle de télé-réalité qu’était la commission Charbonneau en a réellement valu la peine?

Pour tenter de répondre à cette question, les journalistes de notre Bureau d’enquête sont partis à la recherche de 35 des témoins les plus marquants.

Certaines anecdotes font sourire. Un témoin-vedette vend maintenant des sushis, un autre distribue des crayons de retouche pour la peinture automobile.

Morts de rire

Mais l’exercice a aussi permis de mettre en lumière des cas troublants.     

  • Comment se fait-il que le Barreau a accepté d’accueillir de nouveau dans ses rangs l’homme qui empilait en cachette des millions $ issus des pots-de-vin de l’ex-maire de Laval?    
  • Plusieurs témoins de la Commission ont admis leur participation à des magouilles. Or, ils ont presque tous échappé à un procès criminel par la suite, que ce soit grâce aux déboires de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) ou aux délais judiciaires déraisonnables.    
  • Certains d’entre eux sont encore assis aujourd’hui sur des fortunes de centaines de milliers, voire de millions de dollars.    
  • Un entrepreneur qui graissait la patte de fonctionnaires municipaux et participait à un stratagème occulte de partage des contrats à Montréal dans les années 2000 tente encore, aujourd’hui, d’obtenir le privilège de soumissionner sur des contrats publics.       

Du positif

Pour voir le verre à moitié plein, il semble que les mœurs ont bel et bien été adoucies dans le milieu de la construction. C’est du moins l’opinion de l’ex-entrepreneur et témoin de la Commission André Durocher qui était à l’époque victime de vandalisme et d’intimidation parce qu’il ne voulait rien savoir de la collusion.

«Mon neveu est dans la construction. Il soumissionne à Montréal, à Laval, il a l’opportunité de travailler partout. Les entrepreneurs peuvent soumissionner où ils veulent, ce qui n’était pas le cas avant», m’a-t-il raconté au bout du fil il y a quelques semaines.

C’est déjà ça de gagné.

Jean-Louis Fortin
Directeur du Bureau d’enquête

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