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Tuerie de la mosquée il y a 5 ans: «Le Québec n’oubliera jamais»

La cérémonie a été marquée par une charge contre la loi 21 par une oratrice anglophone

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La cérémonie de samedi devant le Centre culturel islamique de Québec pour ne pas oublier les six victimes et huit blessés de la tuerie survenue il y a cinq ans a été marquée par une oratrice qui s’en est pris à la loi 21.

• À lire aussi: Famille musulmane décimée: Trudeau dénonce l’attaque «terroriste» de London

« Nous aurions tellement souhaité éviter ce drame. Mais à défaut de l’avoir fait, il nous reste un important devoir de mémoire pour ces hommes partis trop tôt », a affirmé le maire de Québec Bruno Marchand.

Bruno Marchand - Maire de Québec
Photo Agence QMI, Pascal Huot
Bruno Marchand - Maire de Québec

Des survivants de la tuerie, des élus et des dignitaires étaient réunis à l’extérieur de la grande mosquée de Québec, près du mémorial érigé en l’honneur des victimes. Ils ont pu prendre la parole entre prières et poésie alors que la douleur de la tragédie est toujours aussi vive.

L’événement a été marqué par la vice-présidente de la London Muslim Mosque et avocate au Conseil national des musulmans canadiens Nusaiba Al-Azem, qui s’est attaquée à la loi 21. 

L’attentat antimusulman survenu à London en Ontario l’été dernier a été évoqué par Nusaiba Al‑Azem, vice-présidente de la London Muslim Mosque.
Photo Agence QMI, Pascal Huot
L’attentat antimusulman survenu à London en Ontario l’été dernier a été évoqué par Nusaiba Al‑Azem, vice-présidente de la London Muslim Mosque.

« Nous sommes laissés de côté lorsqu’il s’agit d’opportunités de travail ou de promotions, et à certains endroits, nous ne sommes pas en mesure de gagner notre vie tout en portant un hijab, car l’État en a voulu ainsi », a-t-elle déploré en anglais.

« Parce que l’islamophobie ne naît pas le jour où un homme tire dans une mosquée. Elle commence dans les salles de classe, dans les milieux de travail, dans les rues, à la table à manger et dans la législature. »

Aymen Derbali, resté paraplégique après l’attentat a aussi déploré le manque de volonté politique du Québec pour lutter contre « la haine, la discrimination, le racisme et l’islamophobie ».

« La douleur reste »

De nombreux élus comme le ministre fédéral de la Santé et député de Québec Jean-Yves Duclos, le premier ministre du Québec François Legault et la cheffe de l’opposition officielle Dominique Anglade étaient présents à l’événement.

Le premier ministre François Legault a rappelé que « la douleur reste vive », même cinq ans après la tuerie.
Photo Agence QMI, Pascal Huot
Le premier ministre François Legault a rappelé que « la douleur reste vive », même cinq ans après la tuerie.

« Les années passent, mais la douleur reste. Je veux dire aux proches des victimes : non, le Québec n’a pas oublié ; non, le Québec n’oubliera jamais », a fait valoir M. Legault.

« Travail à faire »

M. Duclos a partagé quelques mots pour le premier ministre du Canada Justin Trudeau qui ne pouvait assister à la cérémonie après avoir été exposé à la COVID-19. 

« On sait qu’il reste encore beaucoup de travail à faire. [...] Parce qu’il y a encore du racisme, ici même à Québec. Parce qu’il y a encore des personnes musulmanes qui se sentent écartées dans notre société », a souligné M. Duclos en lisant le message de M. Trudeau.

Boufeldja Benabdallah, cofondateur du Centre culturel islamique de Québec a pris la parole, samedi, faisant preuve de gratitude envers la population pour toute la sympathie apportée.
Photo Agence QMI, Pascal Huot
Boufeldja Benabdallah, cofondateur du Centre culturel islamique de Québec a pris la parole, samedi, faisant preuve de gratitude envers la population pour toute la sympathie apportée.

L’absence de Khaled Belkacemi, Abdelkrim Hassane, Aboubaker Thabti, Azzedine Soufiane, Ibrahima Barry et Mamadou Tanou Barry se fait toujours ressentir, cinq ans après le drame. 

Une tuerie

Le 29 janvier 2017, Alexandre Bissonnette, 27 ans, a fait irruption dans le Centre culturel islamique de Québec armé d’un pistolet et d’une carabine semi-automatique. Il a ouvert le feu sur les fidèles, faisant six morts — tous pères de famille —, huit blessés et 17 orphelins. 

L’accusé a plaidé coupable à 12 chefs d’accusation en mars 2018. Soit six de meurtre au premier degré et six de tentative de meurtre. 

5 dates importantes à ne pas oublier  

29 janvier 2017

La fusillade à la grande mosquée de Québec fait 6 morts, 8 blessés et 17 orphelins. Le tueur Alexandre Bissonnette était armé d’un pistolet et d’une carabine semi-automatique. 

30 janvier 2017

Plus de 5000 Québécois se sont rassemblés près de la mosquée de Sainte-Foy au lendemain du triste événement pour offrir leur appui à la communauté musulmane. 

28 mars 2018

Alexandre Bissonnette plaide coupable à 12 chefs d’accusation. 

29 janvier 2022

Commémoration des cinq ans de l’attaque de la grande mosquée de Québec, à laquelle ont participé des élus, dont le premier ministre, François Legault, et le maire de Québec, Bruno Marchand. 

24 mars 2022

Audition à venir de la Cour suprême du Canada sur la peine que devrait recevoir Alexandre Bissonnette. 


Pour voir les explications complètes, visionnez la vidéo ci-dessus.