/opinion/columnists
Navigation

«Culture» n’est pas que divertissement

GEN-FRANCOIS-LEGAULT
Photo d'archives, Agence QMI Le directeur national de santé publique par intérim, le docteur Luc Boileau

Coup d'oeil sur cet article

Il arrive parfois, par son propos ou sa posture intellectuelle, qu’une personnalité publique révèle involontairement des conceptions, des convictions ou des perceptions qui lui sont propres. Ce fut le cas du directeur national de santé publique par intérim, le docteur Luc Boileau qui, par son propos réducteur de la culture, en a estomaqué plusieurs dans le milieu concerné. Pourquoi s’offusquer ?

Lors d’une conférence de presse mardi dernier, le premier ministre François Legault annonçait la réouverture des salles de spectacle et des cinémas. Le docteur Luc Boileau, à ses côtés, a qualifié de « divertissement » les activités culturelles qui bénéficieraient prochainement d’un assouplissement. Il a parlé sans malice.

Un préjugé négatif

Mais pourquoi donc s’offusquer de cette conception ou perception étriquée de la culture ? Ce n’est pas chose rare que d’entendre cela dans l’opinion publique, dans des familles au profil conservateur ou dans certains cercles de la haute fonction publique, notamment au Conseil du trésor.

Déjà à l’époque de la mise sur pied du ministère des Affaires culturelles, en 1961, par Georges-Émile Lapalme, il y avait une indifférence politico-médiatique en ces matières. Ils étaient légion à considérer qu’injecter de l’argent dans les arts et la culture, c’était du gaspillage de fonds publics.

Qu’il s’agisse des arts de la scène ou des arts visuels, il est évident que dans « l’offre culturelle et artistique », il y a une part non négligeable de produits de divertissement. Cependant, la culture ne saurait souffrir d’être réduite à sa seule dimension dite de « divertissement ».

Culture égale divertissement : c’était l’équation qu’en avait également mon propre père. Un préjugé demeuré longtemps ancré au fond de son esprit « conservateur ». Pour lui, il n’était pas question que j’étudie les arts, car le domaine était celui des oisifs et il n’y avait aucun avenir là-dedans.

Mon père, seul soutien financier dans le cadre de mes études universitaires en France, alla jusqu’à me couper les vivres quand j’ai décidé, un matin, de quitter mes études de sciences politiques pour aller étudier en art dramatique et en cinéma. Nous sommes restés deux longues années avant de rétablir la communication.

Derrière les arts et la culture

À celles et ceux qui ont pris la mesure des arts et de la culture en général, qui en comprennent le sens, le rôle et l’importance dans la société, j’adresse mes encouragements. Je les invite à ne pas baisser les bras et à poursuivre leur engagement pour les défendre.

Aux réducteurs du sens, du rôle et de l’importance des arts et de la culture dans la cité, je dirais : ayez l’esprit ouvert, prenez de la hauteur et imaginez votre environnement sans les arts et les lettres...

En cette saison de déprime collective que la pandémie nous impose et devant les défis auxquels elle nous expose, il est encore plus utile et pertinent de rappeler sur toutes les tribunes la quintessence des arts et de la culture en termes de santé mentale, de lien social, d’économie ou d’identité culturelle 

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.