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«Convoi de la liberté»: les manifestants se débrouillent comme ils le peuvent à Ottawa

Plusieurs ont fait preuve de générosité pour les aider à se nourrir ou à se laver

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OTTAWA | Les élans de solidarité ont été nombreux ce week-end. Les camionneurs et les manifestants qui logent dans les hôtels aux alentours du parlement ont notamment invité ceux qui restaient toute la nuit dans leur véhicule à venir prendre... leur douche. 

DOUCHE  

« L’hospitalité et l’entraide sont vraiment incroyables depuis vendredi, les gens nous offrent de l’argent pour l’essence, nous donnent de la nourriture et on nous invite même dans les chambres d’hôtel pour qu’on puisse aller se laver », a expliqué Jeremy, un camionneur qui a fait un trajet de plus de cinq heures pour venir manifester à Ottawa.

Un autre camionneur qui loge à l’hôtel Marriott, avec plusieurs autres travailleurs de la route, affirme inviter certains confrères à venir utiliser la douche.

« On est tous là pour la même chose, il faut s’entraider », soutient-il.

BOUFFE    

Photo Agence QMI, Maxime Deland

Durant toute la journée de dimanche, des manifestants ont apporté nourriture et cafés à ceux qui restaient dans leur camion. Certains camionneurs ont même apporté leur barbecue pour se faire à manger au milieu de la ville, devant le parlement.  

Toilettes  

Photo Agence QMI, Maxime Deland

En raison de l’ampleur de l’événement, la plupart des commerces et des restaurants proches du parlement ont fermé leurs portes pour éviter le grabuge. Résultat : peu de toilettes sont disponibles pour les manifestants... qui ne se gênent pas pour faire leurs besoins dans la rue.

Jean-Pierre (photo), dont le camion est garé au coin des rues Wellington et Bank, a carrément apporté une toilette chimique pour que les manifestants puissent se soulager.

« Elle a été pas mal utilisée, donc je ne me risquerais pas à y aller », glisse en riant le chauffeur qui restera « tant qu’il faudra » devant le bâtiment dans lequel siègent les députés fédéraux.

Au moins trois autres toilettes chimiques ont été apportées par des manifestants, a constaté Le Journal sur place. 

  • Écoutez la chronique de Félix Séguin au micro de Richard Martineau sur QUB radio : 

Faites comme chez vous !  

Photo Clara Loiseau

Des employés d’hôtel ont cependant remarqué que leurs invités n’étaient pas tous très respectueux.

« [Dimanche] matin, nous avons trouvé du sang dans l’un des ascenseurs et quelqu’un d’autre a vomi partout sur l’un des étages », explique une employée de l’accueil de l’hôtel Sheraton qui craint de retrouver des chambres complètement saccagées.

Certains se baladent dans les établissements sans masque, fument cigarettes et cannabis dans les escaliers, et utilisent le lobby comme un salon de thé.

Par ailleurs, plusieurs clients qui ne participaient pas aux manifestations se sont fait réveiller à répétition en pleine nuit par des protestataires qui rentraient tard et éméchés.

Invasion dans un refuge »  

Photo Clara Loiseau

Des manifestants ont tenté de voler des repas destinés aux personnes en situation d’itinérance samedi soir en plus d’agresser un client du refuge, a déploré l’organisme Les Bergers de l’espoir.

« C’est vraiment choquant, parce que certains manifestants sont devenus agressifs avec les employés et les [bénévoles] venus distribuer de la nourriture », regrette la directrice des communications, Caroline Cox.

Pour calmer le jeu hier et éviter une escalade de violence, les employés ont distribué quelques repas aux protestataires les plus insistants.

« Ils ont fait peur aux employés qui ne pouvaient rien faire par crainte pour leur sécurité. Ils ont aussi fait peur à notre clientèle, pour qui la pandémie est déjà difficile depuis deux ans. Ils n’ont pas besoin de ça en plus », indique Mme Cox.

Habituellement, l’organisation distribue entre 500 et 700 repas par jour à des personnes dans le besoin.

Un peu de savoir-vivre  

Photo Agence QMI, Maxime Deland

Des manifestants ont pris soin de garder les rues propres. Presque aucun déchet ne jonchait la chaussée, et de nombreux sacs poubelles remplis et fermés étaient entassés aux coins des rues qui croisent Wellington.

« Nous avons vraiment un beau pays, mais hier [samedi soir], quand je suis arrivé, j’ai vu que c’était vraiment sale, alors avec mes garçons, nous avons décidé de ramasser ce qu’on pouvait pour nettoyer », explique un manifestant qui n’a pas voulu s’identifier.

  • Écoutez l'entrevue de Richard Martineau avec le camionneur Frédéric Bisson sur QUB radio : 

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