/finance/opinion/columnists
Navigation

Comment protéger son portefeuille?

Bloc argent placements
Photo Fotolia

Coup d'oeil sur cet article

De nos jours, qu’un conseiller financier œuvrant pour une grande institution financière puisse exploiter à outrance un client en lui soutirant à son insu des centaines de milliers de dollars, ça dépasse l’entendement. 

Je ne charrie pas. Mon collègue Jean-François Cloutier en a fait la démonstration dans son reportage la semaine dernière sur un conseiller financier du Groupe Investors qui s’est payé le luxe de s’acheter un bateau à 72 000 $, un véhicule récréatif, en plus de se verser des centaines de milliers de dollars à même l’héritage d’une cliente de 96 ans, tout en se désignant héritier de cette dernière. 

Après avoir gelé les actifs dudit conseiller, à la suite de la dénonciation d’un travailleur social, l’Autorité des marchés financiers a intenté une procédure contre lui. Le dossier suit son cours... Croisons les doigts pour que la pauvre dame puisse récupérer le plus d’argent possible.  

Surveillance inadéquate  

Pour qu’un conseiller parvienne pendant de nombreuses années à exploiter sa cliente de la sorte, il y a eu un sacré problème de manque de surveillance quelque part.  

On serait en droit de s’attendre à ce que chaque institution financière surveille étroitement les comptes de leurs conseillers, question de s’assurer qu’ils gèrent adéquatement les portefeuilles des clients. Et surtout que les conseillers financiers n’abusent pas de la confiance des clients par l’entremise d’entourloupettes financières.  

  • Écoutez la chronique de Michel Girard suur QUB radio:

Indemnisation 

Comme le rappelait samedi dernier mon collègue Daniel Germain, au Québec on a quand même la chance d’être protégés par le Fonds d’indemnisation des services financiers qui peut nous dédommager en cas d’escroquerie pour un montant allant jusqu’à 200 000 $.  

Mais quand vous vous faites frauder pour plus de 200 000 $, comme c’est le cas de la vieille dame, c’est le gouffre financier qui vous attend. À moins que vous réussissiez à convaincre votre institution financière de vous dédommager, ce qui est tout un défi à relever !  

Comment se protéger  

Je vous invite à effectuer une vérification exhaustive de vos relevés de placements, question de bien vérifier le contenu de vos portefeuilles d’actions, de fonds communs de placement, d’obligations, de titres à revenus fixes, de certificats de placement, de dépôts à terme, etc.  

Fin janvier début février, c’est habituellement un très bon moment pour effectuer une telle vérification annuelle afin de vous assurer que tout est conforme. Toutes les institutions financières avec qui on fait affaire nous envoient des relevés détaillés au 31 décembre.  

Il suffit de comparer ces relevés au 31 décembre 2021 avec ceux de décembre 2020 pour prendre conscience de l’évolution de nos portefeuilles en titres, parts de fonds communs, obligations, encaisse, etc. 

De plus, la plupart de ces relevés de fin d’année vous donnent des précisions sur les montants d’argent (commissions, honoraires, frais d’administration) que vous avez versés aux institutions financières et aux conseillers.  

Cela vous donne par le fait même l’occasion de vous rafraîchir la mémoire au sujet de la rémunération des services financiers que votre conseiller vous rend.  

Autre conseil. Quand vous ouvrez un compte auprès d’un conseiller financier (ou planificateur), vous devez répondre à un paquet de questions sur votre degré de tolérance aux risques, vos objectifs de rendement, votre situation financière, etc.  

Restez « humble » dans vos réponses. Cela vous servira d’arguments en cas de différends avec votre conseiller financier.  

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.