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Retombées économiques record: le Québec attire Hollywood comme jamais

Simon Poudrette
Photo Pierre-Paul Poulin Le preneur de son Simon Poudrette a connu une année 2021 très occupée. La production Transformers 7 l’a même amené jusqu’au Pérou. Il estime qu’un des points forts du Québec est la crédibilité de ses artisans, qui font des miracles avec très peu.

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Malgré la pandémie, les séries américaines et les Transformers ont fait pleuvoir des retombées économiques record l’an passé au Québec.

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Au total, 21 productions étrangères, huit séries et treize films, ont été tournées ici pour des dépenses de 470 millions $, en hausse de 30 % par rapport à l’année 2019. 

« Il y a une demande au niveau de la consommation de contenus et donc de la production. Le Québec est capable de tirer son épingle du jeu, notamment pour les séries télévisuelles et les budgets qui sont plus importants », souligne Christine Maestracci, PDG du Bureau du cinéma et de la télévision du Québec (BCTQ), lors d’une entrevue avec Le Journal

Netflix, Amazon et les autres

Ainsi, l’an passé, le Québec a accueilli des géants comme Amazon (la série Three Pines tournée en Estrie), CBS (la série Ghosts), Netflix (Single All the way), sans oublier Paramount avec le film à gros budget Transformers 7 : Rise of the Beasts. 

« Montréal demeure très attractive au niveau des talents, de la créativité, de l’innovation. Les Américains n’ont jamais quitté, et ce qu’on remarque, c’est qu’il y a un appétit croissant pour le Québec », assure Mme Maestracci. 

Intérêt grandissant pour nous

Si on ajoute les effets visuels, les productions locales et l’animation, c’est près de 2,5 milliards $ de dépenses directes dans ce secteur qui ont été effectuées au Québec, selon les chiffres dévoilés par le BCTQ. 

« On sent que l’intérêt pour Montréal est grandissant. Évidemment, la compétition est vive, car l’industrie des tournages est valorisée. Montréal a une place à prendre et à reprendre », constate Martin Carrier, patron de MELS Studios, qui accueille plusieurs grosses productions. 

Montréal demeure toutefois derrière Toronto et Vancouver, mais la métropole continue à se démarquer grâce également à ses incitatifs fiscaux compétitifs. D’ailleurs, deux géants, Disney et Paramount, sont actuellement en ville pour des tournages qui auront lieu en février. 

  • Écoutez l'entrevue de Richard Martineau avec Martin Carrier, président de MELS, sur QUB radio:   

On ne manque pas d’emplois

« C’est sûr qu’on ne manque pas d’emplois. J’ai pris des moments de pause, car Transformers c’était intense, c’était un long tournage. On est partis au Pérou jusqu’au Machu Picchu, c’était très physique », raconte Simon Poudrette, un preneur de son, bien habitué aux plateaux américains. 

Simon Poudrette
Photo Pierre-Paul Poulin

Selon lui, l’avantage du Québec réside aussi dans son côté latin et la crédibilité de ses artisans.

« On est célèbres ici dans le département artistique, pour nos menuisiers, nos sculpteurs, nos peintres, nos gens de décor, on est habitués de faire un miracle avec un “boutte” de corde et une ampoule ! » conclut-il, en riant. 

– Avec la collaboration de Francis Halin

Plus de studios pour être encore plus attirants  

MELS Studios vient tout juste d’effectuer sa première pelletée de terre en vue de la construction d’un nouveau studio, ce qui permettra d’attirer davantage de grandes productions. 

« La demande est très forte. Si on avait eu plus de studios l’an passé, on aurait pu les louer. On a répondu présent à cette demande du marché, en mettant le MELS 4 en développement », explique Martin Carrier, le président de MELS, lors d’une entrevue avec Le Journal

Actuellement, il manque 400 000 pieds carrés de superficie de studio au Québec afin de répondre aux besoins locaux, mais aussi des grandes productions hollywoodiennes, selon un rapport du Bureau du cinéma et de la télévision du Québec. 

Offrir plus de choix

« Il faut qu’on puisse créer une masse critique afin d’attirer plus de tournages étrangers. [...] Quand les producteurs viennent ici, ils veulent avoir du choix en termes d’espace, d’équipements et d’équipes, c’est important pour eux d’avoir une diversité », assure Christine Maestracci, PDG du Bureau du cinéma et de la télévision du Québec. 

Avec l’arrivée de MELS 4, un projet de 76 millions $, on pourra ajouter 160 000 pieds carrés à l’offre actuelle. 

« C’est sûr que ça ne se fait pas en claquant des doigts, car ça prend des moyens financiers importants. Mais Montréal a un beau momentum et il faut en profiter », croit M. Carrier.  

  • Écoutez Yves Daoust, directeur de la section Argent du journal de Montréal et du Journal de Québec, sur QUB radio :  

Miser sur de nouveaux créneaux 

Dans les prochaines années, ce dernier pense pouvoir attirer plusieurs gros joueurs en misant aussi sur la production virtuelle, une technologie qui avait été utilisée lors de la série à succès The Mandalorian qui mettait en vedette le populaire Bébé Yoda. 

« Nous avons des écrans Del de 90 pieds de long par 20 pieds de haut. On tourne les scènes avec ce nouvel outil technologique en arrière-plan. On peut recréer des décors fantastiques, des déserts jusqu’à l’Antarctique aux rues de New York », assure M. Carrier.  

L’industrie québécoise en quelques chiffres   

  • Dépenses en 2021 : 2,5 milliards $  
  • Tournages étrangers : 470 millions $ de retombées (+30 % par rapport à 2019)     
  • Effets spéciaux : 780 millions $ (+25 % par rapport à 2019)     
  • Animation : 171 millions $   

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