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La Caisse contre une proposition visant à renforcer le français

La CDPQ ne veut pas se substituer au gouvernement et à son projet de loi 96

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Photo courtoisie, CNW Eric La Flèche, grand patron de Métro, lors de l’Assemblée générale annuelle des actionnaires, le 25 janvier dernier. Lors de cette assemblée, la Caisse de dépôt, important actionnaire de l’entreprise, a voté contre une résolution portant sur la langue française.

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Même si elle plaide qu’il s’agit d’une priorité, la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) vient tout juste de voter contre une proposition visant à renforcer la position du français dans les entreprises ayant leur siège social au Québec. 

Lors de la dernière assemblée de l’épicier Metro, le Mouvement de défense et d’éducation des actionnaires (MEDAC), qui milite pour davantage de français dans les entreprises, a proposé « que la langue de la société soit le français » y compris dans « les assemblées annuelles ». 

En vertu de cette proposition, le français ne pourrait plus être écarté par le conseil d’administration sans devoir passer par un vote en assemblée extraordinaire et les entreprises devraient avoir le français dans leur statut. 

Or, la CDPQ, qui est actionnaire de Metro, a décidé de voter contre cette proposition qui a obtenu un maigre appui de 0,4 % des votants.

« L’engagement de la CDPQ envers le français est sans équivoque. Cela dit, il n’est pas notre rôle de se substituer au gouvernement, alors que ce dernier est en train de revoir son approche par l’entremise du projet de loi 96 », s’est justifiée l’institution sur sa page internet. 

Metro aussi contre

Contacté par Le Journal, le MÉDAC cachait mal sa déception face aux résultats du vote. « On se serait attendus à avoir un appui plus élevé par les investisseurs institutionnels », a souligné Willie Gagnon, directeur de l’organisation, lors d’une entrevue. 

« Si c’était une priorité pour eux, ils auraient appuyé notre initiative plutôt qu’attendre que l’État bouge d’autant plus que la question du français revient continuellement dans l’actualité », a poursuivi M. Gagnon. 

L’épicier Metro s’était également opposé à la proposition en soutenant que ses assemblées se tiennent toujours en français. 

« Nos employés travaillent également en français à travers le Québec et la Société continuera de respecter toutes les législations et réglementations sur la langue française », est-il écrit dans la circulaire de l’entreprise. 

Or, le MÉDAC aurait justement préféré qu’une entreprise comme Metro montre la voie à d’autres qui glissent tranquillement vers l’anglais. 

« Ils ont un comportement exemplaire à notre avis. On se serait attendus que des entreprises comme Metro, qui acceptent d’emblée la mesure qu’on propose, pourraient servir d’exemple », affirme M. Gagnon. 

Le MÉDAC tentera de faire adopter la même position au sein d’une vingtaine entreprises québécoises lors des prochains mois. 

Par ailleurs, la Caisse a aussi voté contre une autre initiative du MÉDAC qui souhaite que les entreprises publient annuellement un rapport sur la représentation des femmes au sein de ses gestionnaires. 

« Bien que nous soyons favorables à l’esprit de la proposition, cette dernière est jugée trop prescriptive dans son application », a écrit la CDPQ.  

La résolution du MÉDAC au sujet du français  

Il est proposé que la langue de la société soit le français, notamment la langue de travail au Québec, y compris la langue aux assemblées annuelles. Son statut officiel doit être inscrit formellement, par écrit, aux lettres de la société.

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