/opinion/columnists
Navigation

La discrimination positive sur la voie de sortie

Coup d'oeil sur cet article

Le président Biden tiendra sa promesse de nommer une Afro-Américaine à la Cour suprême, mais cela n’empêchera pas la Cour de porter un dur coup au concept de discrimination positive.

Personne n’a été surpris par l’annonce de la démission du juge Stephen Breyer, doyen de la Cour suprême et l’un des trois membres de son aile libérale.

Cette nomination remet la notion de discrimination positive (affirmative action) au cœur des débats idéologiques alors que la Cour s’apprête à infirmer ses décisions passées sur ce sujet.

Promesse tenue

Depuis la formation de la Cour suprême des États-Unis, 115 juges y ont siégé, dont 108 hommes blancs, deux Noirs et cinq femmes, dont une hispanophone. Bref, les hommes blancs ne souffrent pas de sous-représentation.

En 2020, Joe Biden savait que l’appui des Afro-Américaines serait indispensable à son élection. Avant les primaires de Caroline du Sud, l’influent représentant Jim Clyburn lui a arraché la promesse de nommer une femme noire à la Cour suprême.

La victoire de Biden dans cet État l’a propulsé vers la présidence et il n’avait d’autre choix que de tenir sa promesse.

Promouvoir diversité et inclusion

Certains républicains profitent de cette nomination pour attiser les préjugés raciaux, soulignant que cette juge ne sera forcément pas la « meilleure personne disponible ». Selon eux, les femmes et les membres de groupes minoritaires doivent toujours leur ascension à la discrimination positive (sauf s’ils sont républicains, évidemment).

Ils oublient que Ronald Reagan lui-même avait promis de nommer une première femme à la Cour suprême et Donald Trump avait promis de nommer une femme à l’automne 2020.

On a aussi appris récemment que la Cour où siégera cette nouvelle juge devra se prononcer sur la discrimination positive. Des juges conservateurs modérés ont appuyé cette notion dans le passé, mais les conservateurs d’aujourd’hui sont plus radicaux et on s’attend à un jugement qui invalidera de nombreux programmes de ce genre.

Un outil de progrès menacé

Dans une première cause, des étudiants d’origine asiatique allèguent que les critères d’admission de l’Université Harvard visant une représentation équilibrée des groupes ethnoraciaux pénalisent les candidats asiatiques au profit de Noirs et des Latinos. Dans l’autre cause, des Blancs poursuivent la prestigieuse université publique de la Caroline du Nord qui les a exclus afin d’assurer une représentation proportionnelle de la minorité afro-américaine de l’État.

Il est difficile de prétendre que ces programmes ne font aucune discrimination raciale, mais il est aussi indéniable que l’inclusion de groupes ethnoraciaux défavorisés dans les institutions d’élite entraîne des bienfaits pour la société, y compris pour les Blancs qui évoluent dans un milieu diversifié.

Les programmes visant à promouvoir l’équité, la diversité et l’inclusion dans les institutions d’enseignement ont été et demeurent un facteur de progrès social. La nouvelle juge nommée par Biden n’empêchera probablement pas la Cour, marquée par l’empreinte de son prédécesseur, de remettre ces programmes en question et de faire faire aux États-Unis un pas en arrière dans leur progression historique vers l’idéal d’égalité.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.