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Avec la diversité, Ottawa pervertit la science

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AFP

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Depuis quelques semaines, certains professeurs dénoncent les politiques d’Ottawa en matière de recherche scientifique, notamment Jordan Peterson, une rare voix au Canada anglais qui dénonce les fédéraux dans cette affaire. Tellement que le professeur de psychologie a démissionné de son poste à l’Université de Toronto. Les professeurs François Charbonneau et Arnaud Bernadet, respectivement de l’Université d’Ottawa et de McGill, ont aussi sonné l’alarme. Que se passe-t-il?

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L’an dernier, Trudeau a annoncé qu’il octroyait 12 millions de dollars pour financer «l’initiative sur la race, le genre et la diversité». Il s’agit de donner de l’argent pour des chercheurs qui s’intéressent aux minorités, notamment les Autochtones, les Noirs, les handicapés, les Asiatiques, les personnes LGBTQ2+. La minorité nationale québécoise ne fait évidemment pas partie de la liste.

Cette intervention s’ajoute au Plan d’action en matière d’équité, de diversité et d’inclusion (EDI) imposé aux universités. Faute d’adopter l’idéologie diversitaire, celles-ci perdent l’argent versé par trois organismes subventionnaires fédéraux qui, à hauteur de 3,5 milliards de dollars, financent la recherche en sciences sociales, naturelles et appliquées. 

Tout cela sans parler des chaires de recherche du Canada, auxquelles sont liés des postes et des subventions. Seuls les chercheurs pratiquant la religion multiculturaliste y ont droit. Ils doivent être «proactifs dans l’identification des obstacles systémiques (racisme, capacitisme, sexisme, discrimination) et leur élimination». Le guide des pratiques diversitaires, qui doit servir aux titulaires de chaire, mentionne les éléments suivants auxquels la diversité doit s’appliquer: «Questions de recherche, méthodologie, cadre théorique, revue de la littérature, analyse et interprétation...» 

On met aussi en garde les bénéficiaires de chaire contre les «microagressions». Un exemple de ce phénomène consiste à «minimiser les effets de la race». Ainsi, si un biologiste recueille des données qui lui font conclure que le concept de race n’a pas de fondement biologique, ce que soutiennent plusieurs recherches, il commet une microagression et peut perdre sa chaire. Cette approche est évidemment contraire à la méthode scientifique selon laquelle toutes les hypothèses doivent être testées en regard des données recueillies, mais qu’importe.

Les universités, incluant celles du Québec, doivent se plier aussi à des quotas. Par exemple, une chaire en biologie est à remplir actuellement à l’Université Laval. Outre la possession des compétences scientifiques, seuls les Autochtones, les handicapés et les minorités visibles peuvent obtenir la chaire, «tant que ses cibles de représentation (fixées par Ottawa) ne sont pas atteintes». Le plus grand biologiste au monde, s’il est blanc, ne sera pas choisi.

Cette dérive déteint sur toute l’Université Laval, qui emploie désormais deux vice-recteurs à la diversité. Elle a mis sur pied un Comité institutionnel EDI et un Institut EDI2, Équité, Diversité, Inclusion, Intersectionnalité, lequel a participé à la rédaction d’un guide EDI, conformément aux exigences fédérales.

À cela s’ajoute un autre guide sur la novlangue inclusive. On y explique qu’il faut s’exprimer sur un mode «neutre» et qu'il ne faut plus utiliser des expressions comme «monsieur» ou «madame». Exemple du guide: «Bonjour, Henri Latulippe... de préférence à Monsieur Henri Latulippe.» Il faut aussi utiliser des expressions comme «les expert(e)s, l’adjoint[e], les étudiant.e.s , les évaluateurs/trices, les auteur(e)s, conseiller·ère», et j’en passe.

Cette dérive n’épargne rien sur son passage. Comme le note Jordan Peterson, même la médecine est affectée. Pour Ottawa, nos chercheurs, professeurs et étudiants en médecine ne doivent plus découvrir et administrer de nouveaux soins dont nous bénéficierons. Ils doivent se soumettre à l’idéologie du régime. 

Le plus choquant de cette histoire est que l’éducation est une juridiction québécoise exclusive. Or, François Legault se présente comme un adversaire du multiculturalisme et un fervent défenseur de nos compétences. Il ne lève pourtant pas le petit doigt dans ce dossier pour stopper Trudeau. Ce dernier a ainsi le champ libre au Québec pour pervertir des principes de recherches éprouvés et sur lesquels repose le succès de la science occidentale. 

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