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Fusillades: que se passe-t-il vraiment à Montréal?

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Photo Agence QMI, Pascal Girard

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À Montréal, on était habitués à un écosystème criminel relativement stable. Bien évidemment, on a eu une période plus intense dans la mafia italienne avec cette guerre intestine qui opposait les Siciliens et les Calabrais. Mais, depuis le décès de Vito Rizzuto, le calme semble revenu. Maintenant, les conflits et les négociations se gèrent autour d’un cercle de clans.

Il n’y a plus de parrain à Montréal... Les Hells ? Ils font profil bas depuis l’opération Printemps 2001. Ils ont compris que la guerre n’est pas bonne pour les affaires. Ils s’exposent beaucoup moins tout en continuant à faire rouler leur machine à pleins gaz : trafic de drogue, prostitution et blanchiment d’argent à la pelle.

On les voit « investir » de plus en plus dans l’immobilier, les placements hypothécaires, les vapoteuses, le vêtement, les cryptomonnaies, la construction, etc.

Leur club-école, les Red Devils, s’occupe de se salir les mains, toujours avec des gants blancs. Il ne faut surtout pas se retrouver sous les projecteurs.

Les gangs ? Plusieurs membres influents, ceux qu’on appelle les OG – les Original Gangsters – avaient des ententes avec les Hells et la mafia italienne. C’était la grande Alliance, celle qui maintenait une certaine Pax Romana et permettait à tout ce beau monde de manger au râtelier sans trop de remous. Syndicat, un groupe criminel constitué notamment d’OG à la solde des Hells, jouait les surveillants d’école.

Une guerre qui irradie

Or, l’année 2021 a été plutôt mouvementée avec son lot de fusillades. Elle s’est même terminée le 27 décembre avec un 37e homicide sur le territoire montréalais.

Mais, lorsqu’on se compare, on se console. Toronto vit une situation beaucoup plus préoccupante, et ce, depuis plusieurs années. Avec plus d’une centaine de gangs majeurs dans le Grand Toronto, ça en fait au mètre carré. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2019, on y relevait 338 événements impliquant des armes à feu avec 156 blessés et 27 décès ; en 2020, ce chiffre est passé à 377 avec 149 blessés et 31 décès.

Pouvons-nous espérer une accalmie à Montréal avec la venue de la nouvelle année ? Avec deux fusillades en moins de 24 h, le 22 janvier dernier, toujours dans les mêmes zones géographiques, on peut en douter.

Alors, que se passe-t-il à Montréal ? Tout simplement, une guerre entre différents gangs qui irradie un peu partout dans le Grand Montréal.

Se chicaner et ne même plus savoir pourquoi n’est pas chose nouvelle chez les gangs. Habituellement, les attaques et les répliques sont rapides, intenses et sans trop de préoccupations pour les potentielles victimes collatérales.

Là n’est donc pas la question. 

  • Écoutez l'édito de Maria Mourani à l'émission de Benoît Dutrizac diffusé chaque jour en direct 10 h 30 via QUB radio :

La question qui tue 

Les gros joueurs de cette fameuse Alliance avaient pour habitude de calmer les ardeurs des gangs lors de conflits.

Pour asseoir leur domination sur le terrain, certains vétérans rebelles ont même été éliminés, notamment là où la guerre fait rage actuellement.

Une question me turlupine... les Hells et la mafia italienne, ont-ils perdu le contrôle sur les petits jeunes ?

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