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Ottawa : anatomie d’un gâchis

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Photo AFP

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L’un des sports favoris de beaucoup de Québécois est l’autodénigrement national.

Ils sont prompts à nous trouver mauvais dans tous les domaines.

Une chance que le reste du Canada est là pour nous protéger de notre incompétence, n’est-ce pas ?

Gâchis

Cela rend particulièrement savoureuse une comparaison entre la gestion des convois arrivés à Québec et à Ottawa.

À Québec, la police a superbement géré la visite.

Le maire Marchand a réalisé un sans-faute médiatico-politique.

La collaboration entre les autorités municipales et le gouvernement Legault fut exemplaire.

À Ottawa, nous avons eu droit à un festival d’incompétence, de lâcheté et de démagogie.

L’incompétence radicale, c’est celle de la police d’Ottawa, dirigée par un officier prônant cette nouvelle approche qui prête des vertus miraculeuses à la main tendue et au dialogue.

Cette politique naïve et accommodante a eu pour principale conséquence d’encourager les protestataires à s’installer pour la durée.

La lâcheté, c’est celle de Justin Trudeau, caché dans une « undisclosed location », comme on dit dans le jargon, exactement comme dans ces films hollywoodiens dans lesquels le président américain est amené dans un bunker dans les Rocheuses quand les extraterrestres attaquent.

La démagogie nauséabonde, c’est celle de ces conservateurs appuyant un mouvement rapidement lâché par les gens raisonnables et qui ne réunit plus que des extrémistes, qu’ils soient souriants ou pas.

On voit le résultat depuis 14 jours.

Les résidents d’Ottawa sont privés de sommeil et pris en otage.

Les gens âgés craignent de sortir.

Des réservoirs d’essence et de propane sont laissés sans surveillance.

Les roues de beaucoup de camions ont été enlevées pour qu’ils ne puissent être remorqués.

Des enfants sont dans ces camps de fortune, ce qui complique forcément les interventions policières.

La police municipale a demandé l’aide de la police provinciale et de la gendarmerie fédérale, mais leurs patrons politiques ont préféré se renvoyer la balle.

On semble par ailleurs avoir oublié, sans doute parce qu’il avait des aspects comiques, que ce convoi ne demandait pas seulement la levée des restrictions sanitaires.

Il exigeait aussi le départ immédiat d’un gouvernement légitimement élu il y a six mois.

C’était loin, très loin de la simple lassitude pandémique que nous ressentons tous.

Quand vous en êtes là, ce n’est plus le simple exercice du droit de manifester ou d’exprimer son opinion qui est en cause.

Les autorités de la Ville ont utilisé les mots « état de siège » et « insurrection ».

L’ancien gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, a carrément utilisé le mot « sédition », et on voit mal comment lui donner tort.

Des points de presse insignifiants, du spin politique, le simple écoulement du temps, n’ont fait que laisser pourrir la situation. 

  • Écoutez l'édito de Joseph Facal diffusé à l'émission de Richard Martineau en direct 8 h via QUB radio :

Départ

Au moment de mettre sous presse, la police d’Ottawa semble vouloir commencer à bouger.

Il aurait fallu le faire bien avant.

Les trois ordres de gouvernement auraient dû se parler depuis longtemps, se doter d’un plan d’intervention, et le déployer fermement et méthodiquement, sans fléchir, jusqu’au départ de ces gens.

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