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Ceci est une vraie crise nationale

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Quel est le véritable objectif des organisateurs du soi-disant convoi de la liberté ? Que veulent vraiment ces canailles d’extrême droite, collées à la filière trumpienne et financées par des réseaux de la même eau ?

Leur but premier est amplement documenté. Ils l’ont télégraphié eux-mêmes à l’avance sur les médias sociaux. Leur prétexte est de s’opposer aux mesures sanitaires, mais ce qu’ils visent est la déstabilisation de la démocratie canadienne. Point.

Parce que les autorités politiques et policières n’ont rien fait en amont pour empêcher des centaines de camions d’occuper le périmètre autour du parlement, ils ont réussi à occuper la capitale. Depuis deux semaines.

Ils refusent de quitter. Pourquoi ? Parce qu’ils savent que les mêmes autorités craignent maintenant un dénouement violent. Elles le craignent parce qu’elles sont devant un noyau dur ultra organisé, équipé jusqu’aux dents et surtout, jusqu’au-boutiste.

Bref, le siège d’Ottawa tout comme le blocage hyper coûteux du pont Ambassador sont des actes évidents de sédition. Forts de leurs succès, ces convois produisent même une multitude de jumeaux en Europe et ailleurs.

En cela, l’extrême droite continue d’étendre ses tentacules. Comme l’écrivait hier mon collègue Pierre Martin, à côté de ça, l’influence du wokisme, c’est de la très petite bière.

Discours de victime

C’est pourquoi la classe politique serait sage de prendre aussi ses distances du discours trompeur de « non-vaccinés persécutés », tenu par les « guerriers » de la « liberté » des convois d’Ottawa et du Québec. Car voilà bien du wedge politics dans toute sa splendeur insidieuse.

Malheureusement, le député libéral Joël Lightbound a cru bon d’accuser Justin Trudeau de « diviser » la population en « politisant » la vaccination et en « stigmatisant » les non-vaccinés.

C’est pourtant leur propre décision de refuser le vaccin qui met en danger leur santé, leur vie et met à mal les réseaux de santé. En pandémie, ce n’est pas un détail.

Au lieu de les responsabiliser, ce même discours – de plus en plus répandu, il faut le dire – les conforte dans leur rôle de victimes. Ce faisant, on les abandonne à leur risque nettement plus élevé d’hospitalisation et de décès.

Dans le domaine de la démagogie victimaire, Jason Kenney remporte toutefois le premier prix. Le premier ministre conservateur de l’Alberta est allé jusqu’à comparer la supposée stigmatisation des non-vaccinés à celle, bien réelle dans les années 80, des personnes atteintes du VIH. Il a dû s’en excuser par la suite...

Triste spectacle

Le deuxième prix va au triste spectacle d’hier à l’Assemblée nationale. Contexte : jouant les victimes, des organisateurs du convoi de Québec se sont fendus d’un délire hallucinant sur la « détresse » des non-vaccinés.

C’est à cause des mesures sanitaires, ont-ils lancé sur Facebook, qu’il y a « du monde » prêt « à faire des tueries », menaçant aussi d’occuper Québec pour un « host... de boutte ».

Le tout est d’une grossièreté monumentale, mais venant de l’extrême droite complotiste, cela n’a rien d’étonnant. Sans cautionner ces propos, le leader parlementaire libéral André Fortin s’en est tout de même servi.

Il a insinué que le manque de transparence du gouvernement Legault sur sa gestion de la pandémie serait à l’origine de ce genre de « cynisme ». Idem pour le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon.

Comme dérapage, difficile de faire mieux. Le manque de transparence est un sujet de débat tout à fait légitime. Faire un amalgame entre celui-ci et la volatilité inquiétante du contexte actuel ne l’est pas.

Ceci est une crise nationale. Une vraie. La légitimité des institutions démocratiques canadiennes et québécoises est remise en question par des voyous d’extrême droite. L’heure n’est surtout pas à nourrir en plus leur psychose de persécution.

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