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Le devoir de mémoire de Patrick White

Patrick White
Photo Pierre-Paul Poulin Patrick White

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Un nouveau chapitre de l’histoire de l’art québécois s’écrit grâce au journaliste Patrick White avec la publication du livre Henry Daniel Thielcke : La vie d’un peintre royal méconnu.

C’est l’histoire d’un gars né à Buckingham Palace et formé à la Royal Academy of Arts de Londres qui, après avoir été le portraitiste des têtes couronnées, décide de s’installer dans la ville de Québec pour vivre de son art.  

« La recherche durait depuis quinze ans. [...] Ce livre est un devoir de mémoire pour quelqu’un qui allait passer entre les craques de l’histoire, mais qui malgré tout, avait laissé 80 œuvres à gauche, à droite, dans quatre pays », résume Patrick White, aussi directeur du programme de journalisme à l’UQAM.

Même s’il est décédé à Chicago dans une relative indifférence, Henry Daniel Thielcke a laissé sa trace un peu partout dans la Belle Province. Aujourd’hui, des toiles de son cru sont accrochées aux murs du Château Ramezay à Montréal, de l’Hôtel-Dieu de Québec et du Petit Séminaire de Québec.

Patrick White
Photo courtoisie

Sur la page couverture du bouquin, on voit justement sa création phare entamée en 1840 et achevée un an plus tard, un tableau peint sur l’actuel territoire de Wendake qui a été reproduit à 100 000 exemplaires sous forme de lithographie à l’époque. Cette pièce au succès immense, intitulée Présentation d’un chef nouvellement élu au conseil de la tribu huronne de Lorette, se trouve actuellement au Château Ramezay. 

« Vu de notre œil aujourd’hui, ça nous semblerait être de l’appropriation culturelle, avec les chapeaux haut-de-forme, l’aspect un peu caricatural, la fameuse ceinture fléchée québécoise... Mais si on remet ça dans le contexte, on rend hommage à ces gens-là, à la bonne entente entre l’élite francophone et anglophone de Québec et les leaders du Village huron de Wendake. On voit d’ailleurs le chef Vincent, les familles Bastien, Gros-Louis, Durand. Ces noms-là ont encore un écho chez nous aujourd’hui. » 

Mme Williams Burns Lindsay (Maria Jones) et son fils John, 1836.
Photo courtoisie, Musée des beaux-arts du Canada
Mme Williams Burns Lindsay (Maria Jones) et son fils John, 1836.

Le début de quelque chose

Lui-même originaire de la région de Québec et issu d’une famille anglophone, Patrick White s’est indirectement offert une espèce de retour aux sources en menant à terme ce projet de longue haleine. 

« Ma famille est arrivée de Kilkenny en Irlande entre 1840 et 1850. Avant de s’installer à Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier, ils sont passés par Québec à l’époque de Thielcke. Je trouve ça vraiment fascinant. »

Déjà, l’auteur, journaliste et professeur remarque un engouement grandissant pour l’œuvre de ce peintre qui avait pourtant sombré dans l’oubli. 

« J’ai réussi à retracer trois peintures depuis le partage de mon manuscrit à la fin de l’hiver, dont deux qui ont été découvertes à Québec. Les langues commencent à se délier. [...] Il y a un antiquaire à Québec qui a acheté une œuvre de Thielcke dans une vente de garage. On pensait que la peinture avait été perdue dans un incendie à la fin du 19e siècle. Il y a de beaux mystères comme ça ! » 

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