/misc
Navigation

Intimider un journaliste c'est criminel, point final

Coup d'oeil sur cet article

«La liberté de la presse est l’une des principales libertés publiques. C’est une condition nécessaire à l'exercice de la démocratie. Elle participe du droit d'expression et de critique dont disposent tous les citoyens vivant dans les pays démocratiques. Mais l'obtention de ce droit a demandé de longs combats. Aujourd'hui encore, cette liberté ne concerne qu'une minorité de pays.» 

Le Larousse

On a vu durant les dernières semaines des manifestants intimider des journalistes. On sait jusqu’où cela peut aller. Ça me rappelle les voitures d’une station de télévision qui avaient été incendiées en décembre 2020. Le responsable avait fait de la prison et le juge tenait par cette sanction à lancer un message clair, c'est-à-dire que notre société ne tolère aucune attaque contre la liberté des médias, laquelle est essentielle à notre démocratie. Et pourtant, je constate que de plus en plus de journalistes d’ici sont victimes de harcèlement, que ce soit par écrit ou même physiquement.

Ça n’a pas de sens! Quelle est la suite? On ne peut pas laisser ça comme ça!

Ce genre de geste n’a aucune place dans notre société libre et démocratique. Ces gestes doivent être dénoncés et durement sanctionnés.

Ce sont là des crimes très graves. On parle d’intimidation et de méfait qui sont prévus au Code criminel.

Outre les infractions criminelles, qui sont déjà hautement répréhensibles, je considère que leur gravité augmente en s’attaquant directement à la presse. Une circonstance aggravante qui devrait être prise en compte par le Code criminel et les tribunaux. L’exemple doit être donné pour dissuader toute personne qui oserait s’en prendre à la presse.

En effet, la liberté de la presse dans notre pays est une valeur fondamentale. Un pilier de notre démocratie. La presse, dans notre histoire et dans celle d’autres pays démocratiques, a grandement fait avancer la société. L’information qui a été mise à jour par les journalistes a souvent permis des révolutions positives de notre société. Ici, on peut penser à plusieurs commissions d’enquête qui ont été mises sur pied grâce à l’information journalistique, comme la commission Charbonneau ou la commission Laurent, qui ont fait bouger les choses. Aux États-Unis, on pense au Watergate.

L’information est maintenant considérée comme le quatrième pouvoir, au même niveau que ceux qui sont déjà établis: le pouvoir exécutif (le gouvernement), le pouvoir législatif (le législateur, la loi) et le pouvoir judiciaire (les tribunaux).

S’attaquer aux institutions qui représentent ces pouvoirs, ceux de toute la population, est un crime qui doit être considéré comme beaucoup plus grave.

Déjà, le Code criminel protège mieux les autres pouvoirs. Il y a cependant déjà un article en place qui parle d’intimidation envers un journaliste, mais cet article est mal adapté et devrait être changé:

423.1 (1) Intimidation d'une personne associée au système judiciaire ou d'un journaliste — Il est interdit, sauf autorisation légitime, d'agir de quelque manière que ce soit dans l'intention de provoquer la peur:

[...]

c) soit chez un journaliste en vue de lui nuire dans la diffusion d'information relative à une organisation criminelle.

(3) Peine – Quiconque contrevient au présent article est coupable d'un acte criminel passible d'un emprisonnement maximal de quatorze ans.

La personne qui œuvre dans le système de justice est bien protégée et la couverture de l’article est large. Par contre, pour ce qui est d’un journaliste, on constate que l’article est trop précis en raison de la fin de la phrase.

On devrait le lire ainsi: «Soit chez un journaliste en vue de lui nuire dans la diffusion de l’information.» Ça ne devrait pas seulement être en lien avec la diffusion d’information relative à une organisation criminelle. Diffusion de l’information, point final!

Le fait d'attaquer un journaliste ou ce qui représente la presse est un crime contre tous, contre notre société. Une tentative de bâillon qu’on ne doit aucunement tolérer. C’est en situation de crise, comme celle que nous vivons en ce moment, que nous constatons que la loi devrait être adaptée pour mieux protéger les journalistes et les laisser faire leur travail en toute sécurité.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.