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Afrique: préjugés et conséquences

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Photo d'archives, AFP L’ancien président des États-Unis Barack Obama est le fils d’un Africain.

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Voilà des générations que des préjugés négatifs portant sur l’Afrique noire sont véhiculés et intériorisés dans certains esprits occidentaux. Des élites économiques, politiques, religieuses et culturelles de droite comme de gauche, l’école, ainsi que les médias y ont incontestablement contribué.

« L’Afrique est le grenier minéral stratégique de l’Europe ». « Les Africains sont de grands enfants ; il faut les traiter comme tels ». « Ce qu’ils adorent faire le plus : la bamboula »... Tout ça, je l’ai lu et entendu.

Le prix du mépris

Ces préjugés, ramenés à un niveau individuel, pourraient à eux seuls expliquer le fondement de l’arrogance, de la condescendance, du paternalisme ou du racisme à l’égard des Africains. En Europe, celles et ceux qui incarnent l’État ou qui y aspirent en font fréquemment de bonnes illustrations ; notamment les leaders politiques d’extrême droit.

Même le président Barack Obama, qui pourtant est le fils d’un Africain, a fait preuve d’arrogance à l’endroit des Africains. Alors à la tête des États-Unis et de l’OTAN, il n’avait pas jugé bon de retenir ses bombes contre le dictateur libyen Mouammar Kadhafi en 2011.

C’est en vain que des voix africaines avisées lui avaient signifié les dangers auxquels l’Afrique subsaharienne s’exposerait en cas de destruction de la digue anti-islamiste que représentait alors la Libye. On voit aujourd’hui les conséquences de ce geste mal avisé, notamment au Burkina Faso, au Mali, au Bénin, au Niger, au Nigéria et au Cameroun...

Kadhafi contrôlait effectivement certains groupes armés islamistes dans le Sahel. À sa chute, la guerre s’est déclenchée au Sahel.

Aide internationale et asservissement

Contrairement au préjugé répandu, l’Afrique n’est pas pauvre. Elle est paupérisée. C’est le continent le plus riche du monde en termes de ressources minières. Cette richesse se trouve cependant dans la majorité des cas sous le contrôle d’une élite de despotes africains et de leurs complices que sont les grands groupes financiers et les multinationales.

Ce qui manque à l’Afrique, c’est une véritable accession à une réelle souveraineté qui lui permettra de prendre elle-même son destin en main.

Dans la plupart des pays d’Afrique, l’aide internationale pour le développement consistant à injecter des milliards de dollars sur le continent ne donne pas de résultats tangibles en termes de transformation industrielle, de création d’emplois et de développement d’infrastructures, notamment en éducation et en santé.

Cette aide internationale qui passe sous le radar de la reddition de compte devient un facteur encourageant la servitude volontaire des peuples africains qui, au fil du temps, ont fini par douter d’eux-mêmes et de leur potentiel humain, culturel, économique et social.

Le pire dans tout ça, c’est la complicité des despotes africains piégés par la cupidité. Ils ont une grande part de responsabilité dans la perpétuation des préjugés négatifs qui enserrent la réputation des Africaines et des Africains.

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