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Le vélo d’hiver gagne de plus en plus d’adeptes

Économie, écologie et plaisir pour les cyclistes qui n’ont pas froid aux yeux

Josyanne Lapointe & Célia Kingsbury
Photo Pierre-Paul Poulin Josyanne Lapointe (à gauche) et Célia Kingsbury (à droite)

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La pratique du vélo comme moyen de transport hivernal a pris de l’ampleur au Québec, faisant des milliers d’adeptes supplémentaires ces dernières années.

« Je n’ai pas d’auto et je me déplace en pédalant l’hiver depuis 12 ans, lance Michaël Gosselin, qui aime particulièrement rouler en pleine tempête de neige. La ville est parfaitement silencieuse, c’est magique ». 

Le résident de Limoilou fait partie des 190 000 personnes qui enfourchent leur vélo dans leurs déplacements quotidiens l’hiver, selon des données de Vélo Québec.

Ce sont 10 000 cyclistes de plus qu’il y a cinq ans.

« On parle de cyclistes qui utilisent leur vélo de façon utilitaire, c’est-à-dire pour se déplacer entre leur résidence et leur lieu de travail, par exemple », précise Magali Bebronne, responsable de la filière hivernale à Vélo-Québec. 

Cette popularité se fait sentir par le déneigement grandissant et plus efficace des pistes cyclables l’hiver, tant à Montréal, qu’à Québec ou Gatineau, Candiac, Sainte-Julie, explique la porte-parole de l’organisme.

Effets positifs

Cet engouement a plusieurs effets positifs : « En plus d’être très agréable et économique, ça réduit de beaucoup notre empreinte écologique », commente Célia Kingsbury, étudiante au doctorat en santé publique à l’Université de Montréal qui a commencé à rouler à l’hiver 2018.

Cette dernière, avec deux collègues, Josyanne Lapointe et Joanie Gervais, a recensé 12 études scientifiques récentes sur le vélo utilitaire hivernal au Canada, en Norvège et en Suède dans le cadre de leurs études. 

Conclusion : rouler l’hiver, c’est faire « d’une pierre trois coups : plaisir, santé et lutte contre les changements climatiques. »

Pas peur du froid

Nos cyclistes nordiques sont unanimes : le froid n’est pas un critère incommodant. 

« Bien habillés, on ne craint pas les températures sous zéro », constate Josyanne Lapointe qui a commencé à utiliser son vélo l’hiver alors qu’elle vivait à Toronto. 

Mme Gervais, qui vit à Saguenay, partage ce sentiment.

« Même la neige n’est pas un obstacle à la pratique du vélo d’hiver. »  

Pour favoriser ce transport actif, les autrices plaident pour des campagnes de sensibilisation « ciblant en priorité les enfants, les femmes et les personnes âgées ». 

Elles souhaitent aussi que l’État accorde des mesures fiscales pour l’achat de pneus d’hiver pour les vélos.

On s’arrache les fat bike  

La pratique du vélo hivernal à pneus surdimensionnés, communément appelé fat bike, explose au Québec.

« Je ne prends même plus de commandes ; il y a plus d’un an d’attente », dit David Gendron, qui tient un commerce fondé par son grand-père, rue Racine, à Chicoutimi. 

Jamais il n’a vu un tel engouement pour une nouvelle mode à deux-roues. Il attend 75 vélos à pneus surdimensionnés, tous vendus d’avance.

Une dizaine de boutiques de vélos de partout au Québec consultées par Le Journal arrivent à la même conclusion : on roule de plus en plus l’hiver. 

Plus de 90 circuits

Les grosses bécanes envahissent les sentiers enneigés du Québec.

« On compte plus de 90 circuits pour la pratique de ce sport alors qu’on n’en comptait que quelques-uns en 2015 », illustre Magali Bebronne, de Vélo-Québec. 

Pourtant, ces vélos sont coûteux : de 1500 $ à 5000 $ pour des modèles à assistance électrique. 

« La clientèle qui peut s’offrir ces mastodontes est très différente du cycliste d’hiver type : un homme ou une femme de moins de 40 ans qui pédalent par souci écologique et pour économiser », commente Michael Gosselin, président de VéloCentrix, un organisme qui fait la promotion du vélo comme moyen de transport quatre-saisons. 

Il sait de quoi il parle : il possède lui-même 20 vélos dans son sous-sol, incluant un de ces jouets haut de gamme.

Vous roulez l’hiver? Participez à la recherche de Joanie Gervais qui veut dresser le « portrait individuel, psychologique et environnemental des cyclistes d’hiver au Québec » : cliquez ici.

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