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Ottawa lance une chasse financière pour couper les vivres aux manifestants

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OTTAWA | Le gouvernement fédéral lance une chasse financière sans précédent dans le but d’asphyxier financièrement ceux qui financent le siège d’Ottawa et les blocages frontaliers.

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Les plateformes de sociofinancement et les services de paiement qu’elles utilisent doivent désormais se soumettre à la Loi sur le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités terroristes.

Ceci les obligera à s’enregistrer auprès de l’unité du renseignement financier du Canada (CANAFE), dont le mandat est de faciliter la détection, la prévention et la dissuasion du blanchiment d’argent et du financement des activités terroristes.

En plus, les banques canadiennes n’ont désormais plus besoin de l’accord d’un juge pour suspendre immédiatement les comptes personnels et corporatifs et geler les fonds de toute personne ou entreprise qu’elles suspectent d’appuyer le convoi.

« Considérez-vous avertis : si votre camion est utilisé dans ces blocages, vos comptes d’entreprise seront gelés, l’assurance de votre véhicule sera suspendue. Renvoyez vos semi-remorques chez eux », a dit la ministre des Finances Chrystia Freeland.

« L’aspect financier va être intéressant à surveiller. Si on coupe les vivres, ça pourrait donner des résultats », estime la politologue Geneviève Tellier, de l’Université d’Ottawa.  

  • Écoutez l’entrevue de Benoit Dutrizac avec Louis-Philippe Lampron, professeur à la Faculté de droit de l'Université Laval, sur QUB radio :  

Cryptomonnaies

Les organisateurs du convoi ont cependant déjà abandonné les plateformes de sociofinancement. 

Ils se sont tournés vers les cryptomonnaies, dans le but avoué de recevoir des dons nationaux et internationaux sans aucune obstruction légale et sans contrôle bancaire.

Le convoi dit de « la liberté » a amassé plus de 10 millions $ via la plateforme de sociofinancement GoFundMe, puis plus de 9 millions $ sur GiveSendGo de la part de 92 844 donateurs plus de la moitié basés aux États-Unis.

Quand la Cour supérieure de l’Ontario a bloqué l’accès à ces fonds la semaine dernière, les organisateurs se sont tournés vers les bitcoins qui se présentent comme intraçables puisqu’ils passent d’un ordinateur à l’autre et non pas d’une banque à l’autre.

C’est pourquoi les cryptomonnaies sont très populaires auprès des chantres de l’extrême droite américaine, indique le Southern Poverty Law Center, groupe de recherche américain spécialiste des groupes haineux, mais aussi auprès de différentes organisations terroristes, dont le groupe État islamique.

-Avec la collaboration de Érika Aubin

  • Écoutez l’entrevue d’Alain Babineau, Sergent d’état-major retraité de la GRC

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