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Convoi de camionneurs: Ottawa craint des violences motivées par des objectifs politiques

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OTTAWA | Le gouvernement estime que les organisateurs du convoi n’ont d’autre but que de renverser le gouvernement par tous les moyens, y compris les armes.

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Le ministre de la Sécurité publique, Marco Mendicino, a déclaré hier que la fatigue pandémique et la vaccination n’étaient que des prétextes du convoi dit « de la liberté » pour cacher un objectif politique.

« Ce qui dirige ce mouvement, c’est un très petit groupe motivé par une idéologie, qui veut renverser le gouvernement par tous les moyens », a-t-il dit.

Le Journal a déjà indiqué que les organisateurs du convoi sont arrivés à Ottawa avec en main un protocole d’entente qu’ils souhaitaient faire signer à la gouverneure générale pour forcer la démission du gouvernement.

En ce sens, le décret publié hier par le fédéral indique que les « blocages ont un lien avec des activités qui visent à favoriser l’usage de la violence grave ou de menaces de violence contre des personnes ou des biens, notamment les infrastructures essentielles, dans le but d’atteindre un objectif politique ou idéologique au Canada ».   

  • Écoutez la revue de l'actualité de Philippe-Vincent Foisy et Alexandre Moranville-Ouellet sur QUB radio :    

 

Risque de la violence

Le décret ajoute qu’il y a un « potentiel d’augmentation du niveau d’agitation et de violence qui menaceraient davantage la sécurité des Canadiens ».

À ce sujet, le ministre Mendicino s’est montré très préoccupé par la saisie d’armes en marge du barrage de Coutts, en Alberta. Pour lui, cette saisie a montré « ce à quoi nous avons précisément affaire ». À Ottawa, la police a plusieurs fois indiqué craindre la circulation d’armes dans le convoi.

Les images de la saisie effectuée en Alberta permettent notamment de distinguer sur un gilet pare-balles l’insigne de la milice d’extrême droite Diagolon.

Le leader de ce groupe, l’ex-militaire Jeremy MacKenzy, appelle depuis des mois à prendre les armes contre le gouvernement « tyrannique » et « liberticide » de Justin Trudeau. Il a été arrêté le 2 février pour avoir brandi une arme dans un commerce en Nouvelle-Écosse. La GRC a trouvé un arsenal militaire chez lui.

Dans son décret le gouvernement reprend en effet des éléments de la Loi sur le Service canadien du renseignement de sécurité dans laquelle il est aussi question d’espionnage, de sabotage et d’influence étrangère, indique l’avocate Ewa Krajewska du cabinet Henein Hutchison à Toronto.

« Le public n’a pas toutes les informations que le gouvernement a en main, dit-elle. Il est possible qu’ils ne puissent pas révéler certaines choses pour des raisons de sécurité nationale. »

  • Écoutez Thomas Mulcair au micro de Richard Martineau sur QUB radio :

En finir avant la fin de semaine

Le barrage de Coutts a finalement été levé hier et le ministre Mendicino veut en finir de la même façon avec le siège d’Ottawa avant la fin de semaine. Il a prévenu qu’il ne voulait pas d’un quatrième week-end de cirque devant le Parlement.

D’ailleurs, les enfants et les adolescents ne pourront plus participer aux blocages ni se trouver à proximité, prévoit une des mesures du décret de l’état d’urgence.

Il s’agit donc d’un ultimatum pour les parents qui se trouvent dans les manifestations avec leurs enfants. 

S’ils ne quittent pas, les Services de la protection de la jeunesse de l’Ontario pourraient venir retirer les enfants présents à la manifestation d’Ottawa, par exemple. 

Des gradés et des policiers pro-blocage  

Des militaires, policiers et agents de la GRC en uniforme ont déclaré leur soutien à l’occupation d’Ottawa et aux blocages frontaliers, ajoutant leurs voix à celles des ex-agents et militaires qui ont pris la tête du mouvement.

Le major Chledowski appelle les gens à la lutte contre « la tyrannie médicale du gouvernement ».
Capture d'écran tirée de Twitter
Le major Chledowski appelle les gens à la lutte contre « la tyrannie médicale du gouvernement ».

« Les Canadiens ont été leurrés pour croire que le gouvernement qui élimine les libertés au nom de la sécurité va un jour les récompenser en leur redonnant leurs libertés », lance le major Stephen Chledowski, rattaché à la base militaire de Gagetown, au Nouveau-Brunswick.

Il a fait cette déclaration en uniforme dans une vidéo publiée sur YouTube la semaine dernière. Utilisant ses galons pour asseoir son autorité, il y appelle ses collègues à se lever contre « la tyrannie médicale du gouvernement ».

L’armée enquête

Chledowski fait l’objet d’une enquête. Et il n’est pas le seul. L’armée investigue également sur Riley MacPherson, aviateur rattaché à la base 19 Wing Comox de l’Aviation royale canadienne, en Colombie-Britannique, qui a publié une vidéo de soutien similaire sur Twitter.

Pire, l’armée enquête aussi sur l’implication présumée dans le convoi de deux membres de l’unité contre-terroriste. Ces deux hommes, dont l’identité n’a pas été dévoilée, sont membres de la Deuxième Force opérationnelle interarmées.

Cette unité d’élite agit en fonction de renseignements extrêmement sensibles collectés par le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), le Centre intégré d’évaluation du terrorisme et le Service canadien du renseignement criminel. 

GRC et police aussi

Plusieurs agents de la Gendarmerie royale du Canada se sont aussi montrés sympathiques au mouvement, allant jusqu’à donner l’accolade à ceux qui bloquaient la frontière à Coutts, en Alberta.

Des agents de la GRC ont échangé des accolades avec les insurgés de Coutts, en Alberta.
Capture d'écran tirée de Youtube
Des agents de la GRC ont échangé des accolades avec les insurgés de Coutts, en Alberta.

En banlieue de Toronto, un agent de la police provinciale de l’Ontario (OPP) a été filmé en train d’encourager un conducteur à participer au siège d’Ottawa en disant qu’il appuyait le mouvement « à 100 % ».

À Ottawa, les scènes de fraternité entre les insurgés et les agents de l’OPP et de la police municipale se passent sous les yeux médusés des citoyens.

Un policier ontarien encourage des gens à participer au siège d’Ottawa.
Capture d'écran tirée de TikTok
Un policier ontarien encourage des gens à participer au siège d’Ottawa.

Un agent de l’OPS a par exemple laissé un conducteur de pick-up qui l’avait poussé avec son véhicule s’en aller en lui faisant simplement promettre de ne pas recommencer. Non loin de là, un agent de l’OPP a ouvert son autopatrouille à des manifestants pour qu’ils s’y prennent en photo.

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