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Tireurs d’élite, chevaux, blindés et 100 arrestations lors de la première journée du démantèlement

Pour la première fois en 22 jours, les forces de l’ordre ont confronté les manifestants pour les forcer à partir

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OTTAWA | Tireurs d’élite, chevaux, blindés... les forces de l’ordre ont sorti l’artillerie lourde pour en finir avec le siège de la capitale fédérale au 22e jour d’occupation.

« Vous devez partir [...] Toute personne se trouvant sur le site d’une manifestation illégale peut être arrêtée. »

Toute la journée vendredi, les policiers ont multiplié les avertissements tentant jusqu’au bout de convaincre les assiégeants de quitter la ville dans le calme.

Le chef intérimaire de la police d’Ottawa, Steve Bell, a souligné que les forces se déplacent lentement, car elles veulent « avoir le moins possible recours à la force ».  

Le face-à-face pourrait donc s’étirer jusqu’à dimanche.


Consultez tous nos articles sur l'opération policière à Ottawa  


Plusieurs assiégeants ont obtempéré et pris la route. En fin de journée, il ne restait que quelques dizaines de camionneurs sur Wellington.

Mais d’autres tenaient tête, construisaient des barricades de neige, dansaient sur des succès des Beatles et chantaient l’hymne national en formant des chaînes humaines a pu constater Le Journal. 

Plusieurs enfants, parfois si petits qu’ils peinaient à marcher dans l’épaisse couche de neige laissée par la tempête, étaient dans la foule face aux agents.

 

Prêts à rester jusqu’au bout

« Qu’ils s’amènent. Moi, je reste ici jusqu’à la fin », a dit un dénommé Marc, tandis que d’autres scandaient « Liberté ! Liberté ! » et « Honte ! Honte ! » devant les cordons de policiers.

Photo AFP

 

C’est « une journée honteuse pour le Canada », a dit Shannon Schoutese.

Résignée à se faire arrêter, elle a prévenu que rien n’arrêtera le mouvement dopé par le siège de la capitale.

« Je vais me faire arrêter, mais ce ne sera pas la fin », a-t-elle dit.

AFP

Pendant ce temps, des leaders du mouvement étaient arrêtés. Pat King a été interpellé sur la route alors qu’il tentait de s’enfuir, tandis que Daniel Bulford, l’ex-agent de la GRC responsable de la sécurité du convoi s’est rendu aux policiers.

« Oh mon dieu ! Ils arrêtent un des leurs ! Je ne peux pas le croire ! », a lancé une femme qui assistait à la scène pendant que d’autres criaient « On t’aime Danny ! » et « Merci Danny ! ».

Des policiers de la Sûreté du Québec sont déployés à Ottawa.
Photo Antoine Lacroix
Des policiers de la Sûreté du Québec sont déployés à Ottawa.

 

Des agents de partout

Face aux irréductibles, les forces de l’ordre étaient prêtes. 

Pelotons d’intervention de la Sûreté du Québec (SQ), unité tactique de la police provinciale de l’Ontario (OPP), cavalerie de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), tous les uniformes du pays étaient là.

Photo Roxane Trudel

Les agents ont avancé méthodiquement toute la journée, calme, mais fermes. Des camions ont commencé à être remorqués dès 10 h le matin.

Photo AFP

 

Policiers attaqués

En fin d’après-midi, la tension est montée d’un cran quand des assiégeants ont attaqué des agents et « ont tenté de leur retirer leurs armes », a indiqué la police d’Ottawa. 

AFP

 

Des agents ont sorti le poivre de cayenne en aérosol et des chevaux ont fendu la foule. Durant cette manœuvre, aucune personne n’a été blessée selon les autorités.

« Ce n’est pas une journée où nous tirons quelque satisfaction que ce soit », a dit la vice-première ministre Chrystia Freeland, parlant d’une journée de « profonde tristesse ».

AFP
  • Écoutez le résumé du journaliste Antoine Lacroix, en direct de l’opération policière d’Ottawa, sur QUB radio    

Photo Agence QMI, Raphaël Pirro

En fin d’après-midi, la police d’Ottawa a rapporté plus de 100 arrestations et 21 véhicules remorqués.  

Photo Roxane Trudel

 

– Avec Roxane Trudel, Antoine Lacroix, Hugo Duchaine, Raphaël Pirro et Anne-Sophie Poiré

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