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Former les jeunes qui sauveront l’industrie de la restauration

Liza Frulla insiste sur la nécessité de revaloriser la formation dans ce domaine

Liza Frulla, ITHQ
Photo courtoisie La directrice générale de l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec (ITHQ), Liza Frulla, encourage les jeunes à poursuivre leur formation professionnelle, collégiale et universitaire en vue de développer leurs nouveaux modèles d’affaires.

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Alors que les restaurants tentent de se relever après la crise, la directrice générale de l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec (ITHQ), Liza Frulla, plaide pour que l’on forme au plus vite la nouvelle génération pour sauver l’industrie.

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« Les gens sont partis. Ils ont eu de la peine de s’en aller. On a été obligés de les laisser aller. Le problème, c’est que l’on pensait que la pandémie durerait quelques mois », déclare en entrevue au Journal Liza Frulla, directrice générale de l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec (ITHQ).

« On ne peut pas baser une industrie qui est littéralement à terre sans avoir des gens formés et compétents », dit-elle en mettant ses cartes sur la table.

Celle qui dirige l’institution phare depuis 2015 ne passe pas par quatre chemins quand vient le temps de parler des dizaines de milliers de travailleurs du secteur qui ont quitté d’urgence le navire en pleine crise.

« Le gouvernement a payé pour recycler les gens, et spécifiquement les travailleurs dans le monde du tourisme, parce que c’est une main-d’œuvre extraordinaire. Ils savent ce qu’est l’accueil », analyse l’ex-politicienne vedette.

« Dans certains cas, ils payaient même la gardienne pour qu’ils aillent à l’école et se recyclent. Parfois, en construction ou en agroalimentaire, il leur trouvait même un emploi », ajoute-t-elle avec le franc-parler qu’on lui connaît.

Former des gestionnaires

Pour Liza Frulla, il faut valoriser la formation pour que la restauration, l’hôtellerie et le tourisme respectent la conciliation travail-famille, l’achat local et l’environnement, qui sont des valeurs-clés pour la jeunesse.

« Les jeunes ne sont pas conciliants avec leurs valeurs. On vient de vivre une pandémie. On s’aperçoit qu’il n’y a rien de certain, alors on se replie sur des valeurs qui nous importent », analyse l’ex-ministre.

Pour y arriver, Québec devra consacrer encore plus de ressources à l’ITHQ pour que l’institution puisse former une nouvelle génération de gestionnaires.

« Ça prend du monde qui a des cours en gestion, parce que la profitabilité des restaurants se joue sur 5 %, à peu près, ou 8 %. Le prix des denrées monte, alors il faut être capable de composer des recettes avec des sources de protéines différentes et amener les clients ailleurs. Il faut avoir les compétences », souligne-t-elle.

Si plus de 60 % des 13 500 diplômés sont devenus des gestionnaires de l’industrie, le secteur a encore des croûtes à manger pour retrouver son lustre d’avant, après les fermetures répétées vécues au pic de la crise sanitaire.

« Des endroits comme Le Mastard et La Famille, ce sont des gens formés et compétents comme eux qui vont sauver la réputation gastronomique du Québec », conclut-elle avec aplomb.


Il y a deux semaines, le ministère de la Santé et des Services sociaux s’est associé à l’ITHQ pour l’aider à revoir l’offre alimentaire dans les CHSLD. L’ITHQ travaille aussi avec les institutions publiques pour opter pour les produits alimentaires québécois.

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