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Les traiteurs sociaux ouvrent le jeu

Une plateforme de livraison permet à chacun d’acheter des plats sains et abordables

GEN - TRAITEUR SOCIAL LA MARYSE
Photo Martin Alarie Lors de ma visite, les cuisinières de La Maryse préparaient des barquettes de poulet à la moutarde.

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À l’intérieur de Montréal, le journaliste Louis-Philippe Messier se déplace surtout à la course, son bureau dans son sac à dos, à l’affût de sujets et de gens fascinants. Il parle à tout le monde et s’intéresse à tous les milieux dans cette chronique urbaine.


L’époque où il s’avérait nettement plus économique de cuisiner ses propres repas à partir d’ingrédients achetés à l’épicerie serait-elle révolue ? 

Tandis que la cherté croissante des aliments dans les supermarchés n’en finit plus de nous déconcerter, certains traiteurs sociaux (rattachés à des cuisines communautaires) offrent un produit tentant : des plats surgelés de qualité contrôlée à des prix inversement étonnants par rapport à ceux des épiceries. 

Exemple : Presque tous les repas complets offerts par le traiteur La Maryse, un OBNL basé dans Ahuntsic-Cartierville, coûtent un peu moins de 6 $ par personne.

Si je décide de manger exclusivement des mets préparés par ce traiteur chaque soir pendant sept jours, cela me revient à environ 40 $... pour tous mes soupers.

(Lundi dernier, je vous le jure, j’ai dépensé plus que 40 $ juste pour acheter du jambon, des œufs, du fromage et du yogourt.)

Si je pousse le zèle jusqu’à manger 14 repas par semaine (midi et soir) préparés par La Maryse, qui offre une trentaine de mets différents, cela me revient à environ 80 $. Je peux m’offrir le luxe de ne pas manger deux fois la même chose lors de ces 14 repas. Et ce, sans passer une minute à cuisiner. 

C’est à se demander si ça vaut encore le coup (et le coût) de faire ses emplettes et sa popote... surtout qu’une nouvelle plateforme de livraison permet désormais à n’importe qui de commander chez un de ces traiteurs sociaux qui ne cessent de germer depuis quelque temps. 

Grand public

Les produits de l’OBNL La Maryse sont désormais disponibles sur la plateforme de livraison La Cantine à domicile et comportent typiquement une viande, un légume et un féculent.
Photo Martin Alarie
Les produits de l’OBNL La Maryse sont désormais disponibles sur la plateforme de livraison La Cantine à domicile et comportent typiquement une viande, un légume et un féculent.

Lancée sans tambour ni trompette en juin dernier, cette plateforme de livraison appelée La Cantine à domicile, liée à l’organisme La Cantine pour tous, permet à quiconque habite dans la zone de service d’un de ses traiteurs certifiés de commander des repas surgelés.

Pour l’instant, le Lac-Saint-Jean (Tournant 3F) et le grand Montréal (La Maryse, Chic Resto Pop, Cuisine collective Hochelaga-Maisonneuve et Groupe Part) sont desservis.

Et avec l’inflation galopante, les clients ne sont plus juste les moins nantis de la société.

« J’ai des clients qui commandent au bureau et qui dînent avec nos mets au lieu d’apporter un lunch ou d’aller au resto, c’est meilleur pour la santé et pour le portefeuille », m’explique Donald Boisvert, qui dirige l’organisme de sécurité alimentaire La Corbeille, dont La Maryse est le volet traiteur.

Les traiteurs sociaux ont l’obligation de nourrir sainement leur clientèle. Certains, comme La Maryse, font même cautionner leurs repas par des nutritionnistes... ce qui n’est pas le cas des plats surgelés trop sucrés et trop salés vendus à l’épicerie. 

Communautaire haut de gamme

Donald Boisvert est un ancien responsable de la restauration du club privé Mount Stephen.
Photo Martin Alarie
Donald Boisvert est un ancien responsable de la restauration du club privé Mount Stephen.

M. Boisvert me semble emblématique de l’évolution qualitative des cuisines communautaires depuis vingt ans.

Cet ancien responsable du service de restauration du club privé Mount Stephen a fait le saut dans le communautaire sans perdre de sa superbe. 

Même avec ses prix humbles, La Maryse dégage des profits... aussitôt réinvestis pour nourrir sa clientèle dans le besoin.

« Cinq cents familles dépendent de La Corbeille pour manger et la vente de produits La Maryse avec La Cantine à domicile finance notre mission de base », explique-t-il.

Sa cuisine ne sera-t-elle pas débordée de commandes après cette chronique ? « Nous sommes prêts ! »

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