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On fait quoi avec les ingouvernables ?

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Anarchistes, islamistes, « citoyens souverains », groupes identitaires, Black Bloc, néonazis, trumpistes, complotistes, groupuscules d’extrême droite, cellules d’extrême gauche...

De plus en plus d’individus radicalisés profitent des libertés que la démocratie leur procure pour contester toute forme d’autorité et appeler à la mort de la démocratie.

On fait quoi, avec ces gens-là ?

Pourquoi la démocratie protégerait les droits et les libertés d’extrémistes qui souhaitent sa mort ?

Et qui, s’ils prenaient le pouvoir, s’empresseraient de supprimer les droits qui les ont protégés et leur ont permis de croître et de s’organiser ?

Les constitutions et les chartes des droits et libertés ne sont quand même pas des pactes de suicide ! 

  • Écoutez l'édito de Richard Martineau diffusé chaque jour en direct 8 h via QUB radio :   

UN COMBAT INÉGAL

Lorsque vient le temps de lutter contre les extrémistes qui veulent leur mort, les démocraties se battent une main attachée dans le dos. 

Car la valeur suprême des régimes démocratiques est la protection des droits et libertés des individus... même les individus qui veulent les faire tomber !

Imaginez : vous vous battez contre un ennemi redoutable qui se fout de vos droits... mais vous devez respecter les siens !

Non seulement vous devez vous défendre contre un adversaire qui est prêt à tout pour avoir votre peau, mais vous devez tout faire pour l’aider à se défendre contre vos attaques !

C’est intenable...

Les situations comme celle que nous vivons depuis trois semaines posent des problèmes quasi insolubles aux démocraties.  

  • Écoutez la rencontre Dutrizac – Martineau diffusée chaque jour en direct 11 h via QUB radio :  

Pourquoi ? 

Parce qu’une démocratie, c’est d’abord et avant tout un accord passé entre des personnes de bonne foi.

On s’entend sur une série de règles communes : on respecte les institutions et les figures d’autorité ; on change de gouvernement non pas en prenant les armes, mais en organisant des élections ; on reconnaît les résultats des élections et quand le gouvernement au pouvoir perd les élections, il part et assure une transition pacifique des pouvoirs ; etc. 

C’est ce que les Anglais appellent le gentlemen’s agreement.

Il y a des choses qui se font et des choses qui ne se font pas.

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

UNE PARTIE DE MONOPOLY

Mais quand des gens décident de se foutre de cet accord, on fait quoi ?

C’est comme un jeu de société. 

Quand tu joues au Monopoly, tout le monde doit respecter les mêmes règles.

C’est ce qui rend le jeu possible. 

Si un des joueurs décide de ne plus suivre les règles que tous les autres joueurs se sont engagés à suivre, en pigeant dans la banque ou en plaçant des hôtels sur sa case sans les acheter, par exemple, eh bien, le jeu s’arrête là !

Une démocratie, c’est un équilibre entre, d’une part, les individus, et de l’autre, le groupe.

D’une part, les droits, et de l’autre, les devoirs. 

Si l’équilibre est rompu, si la balance penche plus du côté de l’individu que du groupe, ou plus du côté des droits que des devoirs, c’est le bordel.

Le château de cartes s’écroule. 

Contrairement aux dictatures qui peuvent, par leur constitution même, utiliser tous les moyens nécessaires non seulement pour se défendre, mais pour écraser toute opposition, les démocraties sont fragiles. 

Et qui dit « fragiles », dit « vulnérables ».

La démocratie canadienne a été attaquée de façon frontale. 

Et elle a peiné à se défendre.

Ça ne vous inquiète pas, vous ? 

  • Écoutez aussi la rencontre Thomas Mulcair et Richard Martineau diffusée chaque jour en direct 8 h via QUB radio :  

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