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Oui, rouler électrique c'est plus économique

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Photo courtoisie Malgré les avantages de la motorisation électrique, certains obstacles à la généralisation de cette technologie demeurent. En effet, les craintes quant à l’autonomie de la batterie, pour plusieurs modèles, sont légitimes. Ainsi, cette Mazda MX-30, avec ces 161 kilomètres d’autonomie, ne convient pas à tout le monde.

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Avec le prix de l’essence qui n’en finit plus de grimper, l’option d’un véhicule électrique devient de plus en plus attrayante. Certains sont même moins chers que leur équivalent à essence !

Depuis quelques semaines, j’ai adopté une nouvelle routine. Je ravitaille ma voiture dans un petit village, non loin de Montréal, qui vend le litre 10 cents de moins qu’ailleurs. Le café est gratuit en plus ! Et c’est en faisant le plein, cette semaine, que je me suis posé la question : est-ce que ma voiture, en version électrique, me coûterait moins cher ?

Pour comparer les prix, je me suis tourné vers Daniel Breton, expert de la question et grand patron de Mobilité électrique Canada. M. Breton a calculé le coût mensuel des modèles de base de plusieurs véhicules selon les critères suivants : achat sur un terme de 60 mois, 20 000 km parcourus par année avec le prix du litre à 1,60 $ et le prix de l’électricité à 10 cents/kWh.

Selon ses calculs, la Mazda CX-30 GS à essence coûte 781 $/mois en incluant la consommation de carburant. Son homologue électrique, la MX-30, revient à 738 $ avec le prix des recharges. Il s’agit d’une économie de 43 $ par mois, ou de 516 $ par année si vous préférez !

Selon les mêmes critères, chez Hyundai, rouler en Kona électrique « Preffered » coûte 7 $ de plus par mois par rapport au même modèle à essence. Opter pour la Toyota Rav4 rechargeable (884 $/mois) représente une meilleure affaire qu’acheter la Honda CR-V à essence (938 $/mois).

Chez BMW, la Série 3 hybride rechargeable coûte près de 11 000 dollars de moins à l’achat avec le rabais gouvernemental. C’est une énorme différence !

Économie

Avec le litre de carburant qui pourrait avoisiner les 2 $ d’ici l’été, l’option électrique n’a probablement jamais été aussi attrayante sur le plan financier.

« Si on ajoute les coûts d’entretien qui sont de 30 % à 50 % moins élevés et la valeur de revente du véhicule électrique qui sera plus élevée, peu importe le modèle, ça revient moins cher que le véhicule à essence », souligne M. Breton.

L’achat d’une borne électrique et son installation est aussi à évaluer. Elle coûte en moyenne 1500 $ selon le ministère de l’Énergie, qui vous remboursera 600 $ si vous êtes admissible au programme Roulez vert.

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Les bémols

Même si la voiture électrique est plus rentable, plusieurs facteurs freinent encore son plein essor, à commencer par sa disponibilité. Leur production reste limitée en dépit de la forte demande, si bien qu’il faut, dans certains cas, les commander plus d’un an à l’avance.

L’accès restreint à une borne de recharge, pour un locataire ou le propriétaire d’un condo, rend les modèles électriques moins attrayants. Le déploiement d’un réseau plus vaste, entre autres sur les terrains publics, devient de plus en plus urgent.

L’autonomie limitée des batteries représente toujours une barrière. En hiver, tout comme les véhicules à essence, les véhicules électriques sont moins performants. La plupart des automobilistes y trouveront cependant leur compte, car les constructeurs proposent désormais des modèles qui dépassent les 400 km avec une seule charge. Cependant, une Mazda MX-30, avec ses 161 km d’autonomie, ne convient pas aux besoins de tout le monde. 

Quant aux craintes liées à la durée de vie des batteries, et à la fiabilité de certains modèles, elles sont légitimes. Néanmoins, les garanties offrent une paix d’esprit. Chez Hyundai et Volkswagen, c’est 8 ans ou 160 000 km. Plusieurs fabricants estiment la durée de vie de leurs batteries à 20 ans, avec une perte d’autonomie d’environ 5 % par 100 000 km. 

Le prix de l’auto électrique représente de moins en moins un frein à son adoption. Maintenant, il est temps que l’industrie pèse sur l’accélérateur pour rendre ces modèles plus autonomes, disponibles plus rapidement et, surtout, plus facilement.

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