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Patrick Roy a fait avancer la médecine

L’ex-gardien de but du Canadien souffrant d’une appendicite ne voulait pas rater un match contre les Bruins

Patrick Roy
Photos d'archives Durant les séries de 1994 face aux Bruins, Patrick Roy avait été admis à l’hôpital pour une crise d’appendicite. Le gardien de but, aujourd’hui entraîneur des Remparts, avait insisté pour être soigné par des antibiotiques.

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L’ex-gardien de but du Canadien de Montréal, Patrick Roy, a malgré lui fait avancer le traitement contre l’appendicite en insistant pour être soigné par des antibiotiques au lieu d’une opération, ce qui était rare à l’époque.

Le 21 avril 1994, Patrick Roy supplie les médecins de l’équipe de le traiter par des antibiotiques, car une chirurgie le tiendrait à l’écart du jeu. Champion en titre de la Coupe stanley, le Canadien affronte en séries éliminatoires ses vieux rivaux, les Bruins de Boston, et chaque match revêt une importance capitale.

Les Drs David Mulder et Doug Kennear acceptent la demande du joueur étoile ; et Roy retourne sur la patinoire deux jours plus tard, permettant à son équipe de remporter deux matchs consécutifs. 

« Aujourd’hui, on traite souvent l’appendicite avec des antibiotiques, mais à l’époque, cette histoire a déclenché une vague de réprobations dans le monde médical », commente la Dre Liane Feldman, professeure au département de chirurgie de l’Université McGill. 

Un traitement courant 

Avec son collègue Lawrence Lee, elle signe dans le Journal of American Medical Association (JAMA) un article sur l’alternative à la chirurgie, qui aujourd’hui fait partie des traitements de routine. Les médecins de l’équipe « étaient peut-être en avant de leur temps », écrivent-ils. 

Vice-président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, le Dr Serge Legault se souvient bien de cette histoire qui avait fait la une de tous les journaux. « À l’époque, c’était très rare de traiter une appendicite avec des antibiotiques », concède-t-il. 

« Une option intéressante »

Lui-même chirurgien à la Cité de la santé de Laval, le Dr Legault pratique presque quotidiennement l’ablation de l’appendice dans des cas d’infection. Mais il offre toujours au patient la solution pharmaceutique. 

« Je dirais que dans 10 % des cas, [le traitement par antibiotiques] n’est pas indiqué, car l’appendicite est trop sévère et il faut agir vite pour éviter les complications. Mais dans la grande majorité des cas, l’antibiothérapie est une option intéressante. » 

Laisser le choix 

Comme les auteurs de l’article de JAMA le mentionnent, c’est au patient de choisir le traitement qui convient le mieux. 

« La chirurgie demeure l’intervention la plus appropriée, car il y a jusqu’à 50 % de récidives quand on choisit les antibiotiques. Mais la décision finale revient au patient », soutient la Dre Feldman. 

En faisant connaître ce traitement, Patrick Roy a ouvert la voie à l’approche non chirurgicale. 

Malheureusement, cela n’a pas suffi, car le Canadien a été éliminé en sept matchs par ses adversaires du Massachusetts.

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