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Un nouvel outil numérique pour prendre le bus à Laval

À Laval, une application aide des personnes ayant une déficience intellectuelle et un spectre de l’autisme

stl
L’utilisation de l’application STL Compagnon a permis à Sara Bergeron­­­ Joncas, 20 ans, d’appri­voiser­­ le service d’autobus de Laval. La jeune femme est aujourd’hui libre de se déplacer partout où elle le souhaite. Photo Olivier Faucher


Une Lavalloise atteinte de dysphasie a appris à prendre l’autobus toute seule grâce à une application innovante et souhaite que tous les Québécois comme elle puissent y avoir accès.

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« Je ne voulais pas prendre l’autobus avant. J’avais peur de me perdre », affirme Sara Bergeron Joncas, 20 ans, qui vit avec une dysphasie et une déficience intellectuelle légère. 

Auparavant, pour se déplacer, l’étudiante dépendait du service de transport adapté de la Société de transport de Laval (STL), qu’il faut réserver à l’avance.

Mais en 2019, le quotidien de Mme Bergeron Joncas a été transformé par l’application STL Compagnon, qui lui a appris à prendre l’autobus régulier toute seule.

Indications en temps réel

Le souhait de Mme Bergeron Joncas, c’est que toutes les personnes comme elles puissent avoir la chance d’utiliser cette application pour devenir plus autonomes. « Je pense que ça pourrait les rassurer [comme moi] », exprime-t-elle.

Ressemblant à Google Maps, ce service unique au Québec, qui provient d’Allemagne, donne des indications simples en temps réel à la personne qui l’utilise grâce à la géolocalisation, comme tirer sur la sonnette pour débarquer ou encore marcher vers l’arrêt et attendre l’autobus.

Il vise la clientèle de 12 ans et plus ayant une déficience intellectuelle légère, un trouble du spectre de l’autisme ou encore un trouble développemental du langage.

Rassurant

En coulisses, un employé de la STL est chargé de vérifier si le trajet se passe comme prévu et peut venir en aide à la personne en l’appelant au besoin.

« Ça me rassurait parce que ça m’indiquait le chemin », dit Mme Bergeron Joncas, qui se sent aujourd’hui plus libre de se déplacer où elle veut, comme à ses stages et à l’école.

Son éducateur Dany Jacques-Larivière, qui a initié plusieurs étudiants à l’application, pense qu’elle joue un rôle important dans leur sentiment d’appartenance.

« Nos élèves veulent faire comme les autres. On veut que l’élève soit autonome et puisse occuper un emploi. C’est souvent une barrière pour ceux qui ont une difficulté, le transport. »

Mme Bergeron Joncas a pris part à la phase d’essais de l’application qui a été lancée officiellement en août 2021. Actuellement, une dizaine de personnes peuvent suivre simultanément le programme. 

D’autres villes intéressées

Certains ont besoin d’utiliser l’application pendant plusieurs mois, alors que pour d’autres, quelques trajets suffisent.

« Le projet va vraiment bien et il y a beaucoup d’intérêt, fait savoir Estelle Lacroix, conseillère aux communications à la STL. Pour le moment, on a une petite liste d’attente et c’est gérable. » 

Pour la STL, ce service permet notamment de désengorger le transport adapté, qui est de plus en plus sollicité.

Selon la STL, des sociétés de transports d’autres villes du Québec ont manifesté leur intérêt pour offrir l’application. 

La Société de transport de Montréal offre pour sa part depuis 2019 un service similaire d’accompagnement, mais en personne.







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