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Coupes à blanc près de Manawan: des ententes bafouées par l’industrie forestière

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La communauté atikamekw de Manawan, dans Lanaudière, est mobilisée depuis lundi afin de dénoncer l’attitude d’une compagnie forestière.

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Ce jour-là, la famille Dubé, qui possède une érablière sur ce territoire, a constaté la présence de machinerie lourde sur son terrain. Des travailleurs forestiers du Groupe Champoux avaient entamé la coupe de plusieurs arbres.

Pourtant, l’entreprise avait préalablement conclu une entente avec la famille Dubé dans laquelle elle s’engageait à ne pas effectuer de coupe sur le terrain de l’érablière.

«On s’est senti agressé, on s’est senti humilié. Carrément, on s’est fait rire de nous», a déclaré une porte-parole de la famille en entrevue à TVA Nouvelles.

La famille Dubé et des membres de la communauté atikamekw ont entamé une manifestation dès jeudi, sur le terrain de l’érablière. Ceux-ci ont tenté d’empêcher la compagnie de poursuivre la coupe d’arbres. Ils réclament le retrait de la machinerie.

Une rencontre avec un représentant de la compagnie a également eu lieu, mais l’entreprise a clairement laissé comprendre qu’elle n’avait pas l’intention de cesser ses travaux.

Moratoire

Le 18 janvier dernier, le Conseil des Atikamekw de Manawan a voté un moratoire sur la coupe d’arbres.

À la suite de la découverte de la machinerie lourde présente sur le terrain de l’érablière de la famille Dubé, le Groupe Champoux a reçu un avis indiquant que l’entreprise devrait payer 50 000 $ par jour en amendes si elle continuait à couper des arbres.

Joint par TVA nouvelles, le PDG de la scierie de Saint-Michel-des-Saints concède que l'érablière fait partie d'une demande d'harmonisation. «Le bloc de coupe n'a pas été bûché, mais on a fait un chemin sur une distance de 300 mètres pour poursuivre les opérations plus loin», a expliqué Jean-François Champoux.

Il a assuré vouloir s'entendre avec les Premières nations. «Il y a un grand écart entre ce que le chef de Manawan nous dit et ce que semblent vouloir les chefs des territoires familiaux. On est ouvert à discuter. On veut travailler en bon voisinage [...]. Quand on demande au gouvernement du Québec si on respecte nos engagements, on nous dit que oui. Il faudrait qu'on s'entende de nation à nation».

M. Champoux dit être en communication avec le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, qui devra visiblement trancher sur la question.

Pas un cas isolé

Selon le grand chef de la nation atikamekw, Constant Awashish, la situation à l’érablière Dubé n’est pas un incident isolé.

Selon lui, une quinzaine de terrains familiaux subissent le même sort sur le territoire de Manawan, ce qui mine grandement le climat au sein de la communauté.

«Les gens ne se sentent pas respectés dans leurs droits», a clamé M. Awashish.

Ce dernier affirme que les ententes conclues avec les familles sont souvent bafouées par les compagnies forestières.

«Il y a tout le temps une approximation, il y a tout le temps quelque chose qui déborde. C’est ce que les chefs de territoires constatent sur le terrain», a expliqué Constant Awashish.

Dans la cour de Québec

De son côté, l’industrie forestière a rejeté le dossier dans la cour de Québec.

«La possibilité forestière et la gestion des territoires de coupe sont définies par le gouvernement», a rappelé le Conseil de l’industrie forestière, en soulignant que «depuis 2013, c’est la prérogative exclusive de l’État de déterminer où et quand le bois est récolté en terres publiques».

«Ce dont l’industrie a besoin pour fournir du bois aux Québécois et pour assurer la vitalité des 900 municipalités qui en dépendent, c’est de prévisibilité. C’est pourquoi nous souhaitons que des discussions aient lieu entre le gouvernement et les Premières Nations», a ajouté le président directeur général du Conseil, Jean-François Samray, par courriel.

Jeudi dernier, une rencontre a eu lieu entre le ministre de la Forêt, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, le Conseil des Atikamekw de Manawan et le Conseil de la Nation atikamekw.

Le cabinet du ministre a réagi, mardi, en affirmant «que les discussions se poursuivent afin de trouver des pistes de solutions».

«Encore aujourd’hui, le ministre a discuté de la situation avec le grand chef du Conseil de Nation atikamekw, Constant Awashish», s’est contenté de répondre son attaché de presse, Michel Vincent.

- Avec les informations de Marie-Claude Paradis-Desfossés, TVA Nouvelles, et de Vincent Larin, Agence QMI

- Avec les informations de Marie-Claude Paradis-Desfossés, TVA Nouvelles, et de Vincent Larin, Agence QMI

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