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Le stade de la honte

Stade Olympique
Photo Pierre-Paul Poulin En raison de la pluie verglaçante annoncée, le Stade olympique et sa vieille toile n’ont pu accueillir le match du CF Montréal, hier. Il a été remis à ce soir.

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La farce de mauvais goût continue. Le match de la Ligue des champions que le CF Montréal devait disputer au Santos Laguna, hier au Stade olympique, a été reporté à ce soir à cause de la précarité de la toile en cas d’intempéries. Misère !

Le problème perdure depuis 1999.

Ironiquement, l’année coïncide avec celle du décès de Jean Drapeau, le père des Jeux olympiques de Montréal tenus en 1976. 

M. Drapeau doit être grandement déçu s’il voit ça. Son stade n’a jamais été à la hauteur de ses ambitions.

Pas seulement sur le plan sportif. Mais aussi en ce qui a trait au développement de l’est de Montréal, où il résidait.

Six gouvernements plus tard

Six premiers ministres se sont succédé à Québec sans que le problème de la toile soit résolu.

Ce sont les gouvernements Bouchard, Landry, Charest, Marois, Couillard et Legault, qui sollicitera un deuxième mandat à l’automne.

Aussi voilà qu’on apprend que le nouveau toit ne sera pas livré, comme cela était prévu en 2024.

Que le stade n’ait plus de locataires fixes, c’est une chose. Mais que les politiciens laissent le stade tomber en décrépitude, c’est inacceptable.

L’état des lieux est une honte.

Comment aurait-il été possible d’y implanter une deuxième version des Expos, comme le suggéraient des gens du milieu politique et des contribuables ?

À part l’installation de sièges confortables derrière le marbre et les abris des joueurs, rien n’a été fait pour que le stade soit au goût du jour.

Aujourd’hui, le projet de ramener une équipe du baseball majeur est mort de sa belle mort et il serait très étonnant que quelqu’un parvienne à le ressusciter.

Manque de responsabilité 

On a beau dire que le mât est une œuvre emblématique pour l’œil du touriste, le stade a d’abord été conçu pour y tenir des compétitions sportives, des expositions et des spectacles, quoique l’acoustique ait toujours été affreuse. 

L’éclairage et le système audio doivent être remplacés ainsi que le reste des autres sièges.

L’enceinte est pour ainsi dire à son état d’origine. Mais elle n’a plus aucune vocation.

C’est devenu un éléphant blanc.

Qu’on ait laissé les choses dépérir à ce point relève d’un manque flagrant de vision et de responsabilité.

L’affirmation selon laquelle le stade devait servir aux générations futures a disparu dans le temps.

C’est mauvais pour l’image de Montréal.

Ville de ligue mineure

Le Stade olympique n’est pas la seule installation sportive montréalaise montrant des déficiences.

Le stade Saputo, qui a été financé par des fonds privés, aurait besoin d’un terrain chauffé, comme c’est le cas au BMO Field à Toronto.

Tennis Canada espère depuis plusieurs années la construction d’un toit pour le stade IGA.

Rien ne bouge.

Malgré les rénovations qui y ont été apportées, le stade Percival-Molson, qui appartient à l’Université McGill, ne répond pas aux besoins d’aujourd’hui.

Montréal fait figure de ville des ligues mineures dans l’univers sportif nord-américain.

Et nos clubs en arrachent

Pour ajouter au tableau, nos équipes ne se portent pas très bien.

Le Canadien traverse la période la plus sombre de sa longue histoire. Jeff Gorton, Kent Hughes et Martin St-Louis ont tout un mandat sur les bras.

Souhaitons-leur de réussir.

Le CF Montréal et les Alouettes, quant à eux, ont de la difficulté à gagner la ferveur du public et celle des médias. 

Ils doivent absolument gagner pour faire parler d’eux et attirer des spectateurs, ce qui n’a pas été le cas ces dernières années.

Leurs bases de partisans, qui n’étaient déjà pas énormes, ont fondu comme neige au soleil. Ce n’est pas facile de ramener une clientèle perdue.

Le défi qui se dresse devant eux est gigantesque.

La clarté du coach

La question était peut-être banale, voire innocente. Mais pour mon éducation du hockey – et j’espère pour la vôtre aussi –, j’ai questionné Martin St-Louis, après la victoire du Canadien contre les Maple Leafs, sur le fait que son premier trio formé de Josh Anderson, Nick Suzuki et Cole Caufield compte uniquement des joueurs droitiers.

On ne voit pas ça souvent, quoique mes collègues Jonathan Bernier et Jean-François Chaumont me rappellent que Suzuki et Caufield ont joué avec Tyler Toffoli en séries l’an dernier.

Reste que c’est rarissime.

Jouer avec ses cartes

St-Louis ne s’est pas moqué de ma question. Il y a répondu avec clarté et profondeur.

« Tu dois parfois jouer avec les cartes que tu as dans ton jeu », a-t-il commencé par dire.

« Ce trio serait-il plus efficace si l’un d’entre eux était gaucher ? Je pense que oui. D’un point de vue positionnel, avoir trois droitiers sur la glace ne constitue pas une menace des deux côtés du filet. » 

« Parce qu’avec trois droitiers, tu vas obtenir des tirs sur réception de la gauche seulement. Si tu as un gaucher dans le trio, tu peux obtenir des tirs sur réception sur la droite aussi. »

« Idéalement, j’aurais un droitier et un gaucher dans chaque trio. Ça te permet d’être plus menaçant en zone offensive. Mais je sais que ça peut fonctionner pareil avec trois droitiers. On le voit. Je ne suis pas trop inquiet. »

« Ils [Caufield-Suzuki-Anderson] apportent tellement à l’équipe. Ils jouent avec confiance. Ils pratiquent des styles différents et ils se complètent bien. »

Interlocuteur intéressant

St-Louis est le 15e entraîneur à parader derrière le banc du CH depuis les 40 ans que je couvre les activités de l’équipe.

Sans rien enlever aux autres, c’est le coach le plus pertinent que j’ai entendu jusqu’à maintenant. Il ne se retient pas, il parle librement.

On l’écouterait pendant des heures.

C’est sûr qu’il aura moins envie de parler dans les moments difficiles, mais encore là, il trouvera probablement le moyen de capter l’attention.

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