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La Russie attaque l’Ukraine

Des explosions ont été entendues dans au moins cinq villes

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Photo Reuters Sur cette photo de l’agence de presse russe TASS, on voit des blindés russes à Rostov qui préparent pour une opération près de la frontière.

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La guerre est bel et bien commencée. Le président de la Russie, Vladimir Poutine, a finalement annoncé tard, hier soir, une opération militaire en Ukraine.

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« J’ai pris la décision d’une opération militaire [...] visant à démilitariser et dénazifier l’Ukraine », a-t-il dit sobrement dans une déclaration surprise à la télévision.

M. Poutine a promis de répliquer à ceux qui interféreraient avec l’opération en Ukraine qui vise selon lui à défendre les séparatistes prorusses de l’est du pays.

Peu de temps après la déclaration de Vladimir Poutine, des explosions et des coups de feu ont été entendus dans la région du Donbass, près de la frontière, selon plusieurs médias présents sur place, dont CNN.

 Ce réseau de télévision a aussi rapporté des explosions au cœur de la capitale Kiev, sans pouvoir en confirmer la nature. Des bombes ont aussi été entendues à Odessa, Kharkiv, Mykolai et Mariupol. 

Au moins une explosion a eu lieu à Kharkiv.
Photo tirée de Twitter, MilitaryLand.net
Au moins une explosion a eu lieu à Kharkiv.

Catastrophique

En fin de soirée, le président américain, Joe Biden, a qualifié d’« attaque injustifiée » l’intervention militaire de la Russie. 

« Poutine a choisi une guerre préméditée qui entraînera des pertes de vies et des souffrances humaines catastrophiques », a dénoncé M. Biden.

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Photo AFP

L’Ukraine a supplié la Russie de « mettre un terme à la guerre », a lancé l’ambassadeur ukrainien auprès de l’Organisation des Nations unies (ONU), Sergiy Kyslytsya. 

« Appelez Poutine, appelez le ministre des Affaires étrangères pour stopper cette agression », a exhorté M. Kyslytsya en s’adressant à son homologue russe. 

De son côté, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kouleba, a annoncé en fin de soirée le début d’une « invasion de grande ampleur de la Russie », et des frappes sur plusieurs villes du pays, après une série d’explosions.

Agression sur des villes paisibles

« De paisibles villes ukrainiennes sont en train d’être attaquées. C’est une guerre d’agression. L’Ukraine se défendra et gagnera. Le monde peut et doit arrêter Poutine. Il est temps d’agir maintenant », a tweeté M. Kouleba.

Dans un discours rempli d’émotions, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a accusé hier Moscou d’avoir déployé 200 000 hommes pour attaquer son pays. Quelques heures plus tard, l’assaut était lancé. 

Il a aussi confié avoir tenté de parler, sans succès, à Vladimir Poutine. Hier, l’Ukraine a commencé à mobiliser une quarantaine de milliers de ses réservistes.

Espace aérien fermé

Face à ces attaques, l’Ukraine a annoncé la fermeture de son espace aérien pour l’aviation civile après l’annonce par Vladimir Poutine. Vers 23 h 30, Le Journal a constaté qu’aucun appareil n’était au-dessus de l’Ukraine.

Le ministère ukrainien de l’Infrastructure a annoncé la fermeture de l’espace aérien, invoquant « un haut risque pour la sécurité » dans un communiqué. 

De son côté, le premier ministre Justin Trudeau a critiqué l’opération militaire. 

« Le Canada condamne vivement l’attaque non provoquée de la Russie contre l’Ukraine – une autre violation flagrante de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine », a-t-il écrit en soirée sur Twitter.

-Avec Francis Pilon

Le Kremlin va devoir «rendre des comptes», affirment les chefs de l’UE      

Le Kremlin va devoir «rendre des comptes», ont averti jeudi les chefs de l’UE, Charles Michel et Ursula von der Leyen, après le lancement d’une opération militaire russe contre l’Ukraine.

Les dirigeants des Vingt-Sept doivent se réunir en sommet jeudi à 20H00 (19H00 GMT) à Bruxelles alors que l’UE a averti que des sanctions «massives» contre Moscou seraient prises en cas d’attaque de l’Ukraine.

«Nous demanderons au Kremlin de rendre des comptes», ont averti le président du Conseil européen et la présidente de Commission européenne, dans un tweet au texte commun.

«Nous condamnons fermement l’attaque injustifiée de la Russie contre l’Ukraine. En ces heures sombres, nos pensées vont à l’Ukraine et aux femmes, hommes et enfants innocents qui font face à cette attaque non provoquée et craignent pour leur vie», ont-ils ajouté.

De premières sanctions de l’UE sont entrées en vigueur mercredi soir contre Moscou en réaction à la reconnaissance lundi de l’indépendance des territoires séparatistes dans l’est de l’Ukraine.

Elles frappent au total 23 «personnalités de premier plan», dont le ministre de la Défense Sergueï Choïgou et les chefs militaires russes (air, terre, mer), ainsi que trois banques, une société et 351 membres de la Douma pour leur implication dans cette reconnaissance.

Les mesures européennes consistent en une interdiction de voyage et un gel des avoir dans l’UE.

- AFP

Poutine a appelé son allié bélarusse Loukachenko avant l’attaque de l’Ukraine      

Le président russe Vladimir Poutine a appelé au téléphone dans la nuit de mercredi à jeudi son homologue bélarusse et allié Alexandre Loukachenko, l’informant qu’il allait lancer une opération militaire en Ukraine, a indiqué la présidence bélarusse.

«Vers 5h00 (0200 GMT) aujourd’hui, une conversation téléphonique a eu lieu entre les présidents bélarusse et russe. Au cours de l’appel, Vladimir Poutine a informé son collègue bélarusse de la situation à la frontière avec l’Ukraine et dans le Donbass», a indiqué la présidence dans un communiqué.

Le Kremlin n’a publié aucune information sur cet appel téléphonique.

La Russie a lancé une opération militaire aux premières heures de la matinée jeudi. De puissantes explosions ont retenti dans plusieurs villes du pays, Kiev affirmant qu’une «invasion de grande ampleur» était en cours.

- AFP

Les principales réactions à l’«opération militaire» russe en Ukraine      

L’annonce par le président russe Vladimir Poutine d’une «opération militaire» en Ukraine jeudi, suivie d’explosions dans plusieurs villes ukrainiennes, a suscité de nombreuses réactions dans le monde.

Ukraine

«De paisibles villes ukrainiennes sont en train d’être attaquées. C’est une guerre d’agression. L’Ukraine se défendra et gagnera. Le monde peut et doit arrêter Poutine. Il est temps d’agir maintenant», a tweeté le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kouleba.

États-Unis

Le président américain Joe Biden a dénoncé «l’attaque injustifiée» de la Russie contre l’Ukraine.

«Le président Poutine a choisi (de lancer) une guerre préméditée qui entraînera des souffrances et pertes humaines catastrophiques», a dit M. Biden dans un communiqué. «La Russie, seule, est responsable de la mort et de la destruction que cette attaque provoquera», a-t-il insisté, assurant que «le monde exigerait des comptes de la Russie».

France

«La Russie a fait le choix de la guerre. La France condamne dans les termes les plus forts le déclenchement de ces opérations», a dénoncé l’ambassadeur de France à l’ONU, Nicolas de Rivière. 

Cette décision, «au moment même où ce Conseil est réuni, illustre le mépris dans lequel la Russie tient le droit international et les Nations unies», a-t-il ajouté.

«Nous appelons la Russie à respecter le droit international humanitaire en toutes circonstances, nous appelons à la protection et au respect de tous les civils, notamment les personnes vulnérables, les femmes et les enfants, et le personnel humanitaire», a-t-il également lancé.

Allemagne

Le gouvernement allemand a qualifié jeudi matin l’opération militaire russe lancée en Ukraine de «violation éclatante du droit international» et menacé Moscou de «lourdes conséquences économiques».

«L’Allemagne condamne de la manière la plus ferme cet acte sans scrupules du président (Vladimir) Poutine», a indiqué le chancelier Olaf Scholz, dont le pays assure actuellement la présidence du forum du G7.

Il s’agit «d’un jour terrible pour l’Ukraine» et «sombre» pour l’Europe toute entière, a ajouté M. Scholz, qui s’est entretenu dans la matinée au téléphone avec le chef de l’État ukrainien Volodymyr Zelensky pour lui promettre «la pleine solidarité» de l’Allemagne.

«Cette attaque aura de lourdes conséquences politiques et économiques pour la Russie», a menacé en parallèle son vice-chancelier et Ministre de l’Économie, Robert Habeck, dans un communiqué.

Berlin a déjà suspendu cette semaine la mise en service du nouveau gazoduc stratégique reliant la Russie à l’Allemagne en contournant la Russie, Nord Stream II.

«La communauté internationale ne va pas oublier ce jour de la honte», a de son côté indiqué la ministre des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, promettant une «réaction» à cette «violation des règles élémentaires de l’ordre international».

Une cellule de crie du gouvernement allemand doit se réunir dans la matinée à Berlin, a précisé le ministère.

Royaume-Uni

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a condamné jeudi les «événements horribles en Ukraine», estimant que le président russe Vladimir Poutine «a choisi la voie de l’effusion de sang et de la destruction en lançant cette attaque non provoquée».

Italie

Le Premier ministre italien Mario Draghi a qualifié jeudi l’attaque russe sur l’Ukraine d’«injustifiée et injustifiable», assurant que l’Union européenne et l'OTAN travaillaient à une réponse immédiate.

«Le gouvernement italien condamne l’attaque de la Russie contre l’Ukraine. Elle est injustifiée et injustifiable. L’Italie se tient auprès du peuple et des institutions ukrainiennes en ce moment dramatique. Nous travaillons avec les alliés européens et de l'OTAN pour répondre immédiatement, avec unité et détermination», a déclaré M. Draghi dans un communiqué.

Japon

L’attaque russe de l’Ukraine «secoue les fondations de l’ordre international», a dénoncé jeudi le Premier ministre japonais Fumio Kishida.

«Nous condamnons fermement la Russie. Nous allons coordonner les efforts avec la communauté internationale dont les États-Unis, et réagir rapidement» face à cette situation, a ajouté M. Kishida devant la presse après une réunion d’un conseil de sécurité nationale.

Union européenne

«Nous condamnons fermement l’attaque injustifiée de l’Ukraine par la Russie. En ces heures sombres, nos pensées vont à l’Ukraine et à ses femmes, hommes et enfants innocents qui font face à cette attaque non-provoquée et craignent pour leurs vies», a déclaré la présidentde de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

ONU

Le conflit déclenché par la Russie en Ukraine «doit s’arrêter maintenant», a imploré le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, après une réunion en urgence du Conseil de sécurité.

«Président Poutine, au nom de l’humanité, ramenez vos troupes en Russie!», a lancé le chef de l’ONU, visiblement éprouvé par l’annonce d’une opération militaire russe en Ukraine au beau milieu de la session du Conseil de sécurité. «C’est le moment le plus triste de mon mandat de secrétaire général des Nations unies», a-t-il ajouté.

OTAN

Le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, a condamné jeudi l’«attaque téméraire et non provoquée» de la Russie contre l’Ukraine, avertissant qu’elle mettait en péril d’«innombrables» vies. 

«Je condamne fermement l’attaque téméraire et non provoquée de la Russie contre l’Ukraine, qui met en danger d’innombrables vies civiles. Une fois encore, malgré nos avertissements répétés et nos efforts inlassables en faveur de la diplomatie, la Russie a choisi la voie de l’agression contre un pays souverain et indépendant», a déclaré M. Stoltenberg dans un communiqué. 

«Les Alliés de l'OTAN vont se réunir pour faire face aux conséquences des actions agressives de la Russie. Nous sommes aux côtés du peuple ukrainien en ce moment terrible. L’Otan fera tout ce qu’il faut pour protéger et défendre tous les alliés», a-t-il ajouté.

- AFP

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