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Budget avant les élections: le milieu communautaire aura-t-il enfin un ticket gagnant?

Quebec
Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

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Être à la fois porte-parole de ma formation politique en matière de finances et de solidarité sociale m’a permis d’avoir un tout autre regard sur la gestion de l’État. Milieu communautaire et milieu de la finance sont deux mondes complètement différents, mais qui se rejoignent en un point : celui de la question du choix politique.  

Ce choix, ce gouvernement de comptables l’a fait. La loterie caquiste a en effet été chanceuse pour plusieurs; je pense aux centaines de millions de dollars investis dans le sauvetage d’entreprises, pour ne prendre que les plus spectaculaires, ainsi qu’aux milliards prévus pour un projet de tunnel qui relève plus de la science-fiction que de la réelle gestion d’État. La CAQ n’a pas hésité non plus à briser sa promesse de déchirer l’entente avec les médecins spécialistes en 2019 pour, finalement, laisser 500 M$ par année sur la table. 

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Au détriment des plus démunis

Ce choix, donc, il s’est fait au détriment du soutien aux personnes en situation de vulnérabilité. Loin de constituer une priorité budgétaire pour la CAQ, les organismes communautaires, qui rendent pourtant des services essentiels, n’ont obtenu qu’une poignée de change du gouvernement. Le communautaire peut bien attendre pour voir la couleur des 460 M$ en rattrapage qu’il réclame depuis des années. Sous la gouverne caquiste, même en contexte de pandémie, c’est trop demander. Et tant pis si les organismes peinent à garder leurs employés. 

Car sur ce plan, le communautaire se trouve dans un cercle vicieux. Souffrant d’un sous-financement chronique, les organismes sont incapables d’offrir des conditions avantageuses à leurs travailleurs. Les enjeux de recrutement et de rétention sont monnaie courante, se répercutant en pénuries généralisées de personnel, donc en interruptions de services sur le terrain. Pouvons-nous vraiment nous permettre ça? 

Pendant que des organismes réduisent leurs services au maximum faute de main-d’œuvre ou passent leur temps à remplir de la paperasse pour quelques milliers de dollars, ce sont les personnes qui ont besoin de soutien qui se retrouvent bien mal prises. Le gouvernement clamera que l’argent est là. Ce qu’il omet de dire, cependant, c’est qu’il n’est pas distribué. Dans les faits, parce que les programmes sont mal ciblés, à peine la moitié des organismes ont réellement eu accès à de l’aide depuis le début de la pandémie. 

Tout cela, même si ces organismes font « la job » de première ligne. Même si, durant le pire de la pandémie, une part importante des services de santé et sociaux a tenu sur leurs épaules. Même s’ils sont là pour répondre à des besoins divers, mais vitaux : situations d’itinérance, problèmes de toxicomanie, enjeux de santé mentale et idées noires, difficultés à trouver un logement décent, besoins d’aide alimentaire, femmes victimes de violence, et j’en passe. 

Un engagement pour le Parti Québécois

Au Parti Québécois, nous faisons un choix différent du gouvernement de la CAQ. Nous choisissons d’investir dans notre tissu social en misant sur des emplois de qualité dans le milieu communautaire. Ça veut dire : a) réduire les obligations administratives, et b) investir massivement et de manière récurrente dans les organismes, en budgétant les 460 M$ par année consacrés à la mission globale. 

Au Parti Québécois, nous en avons fait un engagement; est-ce que la CAQ en fera autant? Croisons les doigts! Qui sait, peut-être le communautaire sera-t-il le prochain gagnant du budget préélectoral! 

Martin Ouellet, député de René-Lévesque Porte-parole du Parti Québécois en matière de solidarité sociale et de finances

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