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Invasion russe en Ukraine: un hockeyeur québécois dans la tourmente

MONTRÉAL-Titan vs Junior
Photo d'Archives Agence QMI

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Dès le début de l’offensive russe en Ukraine, le hockeyeur québécois Eliezer Sherbatov s’est réfugié dans un hôtel avec plusieurs membres du HC Marioupol. Il est depuis frappé par un torrent d’émotions, lui dont la seule envie est de retrouver sa famille à Montréal. 

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«J’ai des hauts et des bas. Je ris avec les gars, je pleure, je stresse, je “paranoïe”. [J’ai eu] toutes les émotions en une journée. C’est la première fois que ça m’arrive», a confié jeudi au bout du fil l’athlète originaire d’Israël.

À Marioupol, une ville située aux abords de la mer d’Azov et à moins de 100 kilomètres de la frontière avec la Russie, des explosions se font entendre depuis plus d’une semaine, croit Sherbatov.

Ses coéquipiers et lui ont joué mercredi et devaient jouer le lendemain. Personne n’attendait l’attaque.

«Ça riait, que ce soit des Russes, des Ukrainiens, des Biélorusses. Tout le monde disait qu’il n’y aurait rien. [...] Oui, on a entendu des tirs d’artillerie il y a une semaine, je pense, une semaine et demie, à Marioupol. Tout le monde disait que ce n’était rien», a raconté l’homme de 30 ans, un ancien du Junior de Montréal et du Drakkar de Baie-Comeau.

Sherbatov traîne ses valises en Europe depuis plus d’une décennie maintenant. Il a l’habitude d’être loin de sa femme et de ses enfants, mais la situation est toute autre cette fois. «Mon fils est né il y a deux mois et je ne l’ai pas vu encore. J’ai hâte de rentrer», a-t-il dit, confiant qu’il avait pu parler à ses êtres chers.

«Je ne pars plus. Je ne pars plus nulle part, jamais. Je reste avec ma famille», a ajouté Sherbatov, très secoué au moment de prononcer ces derniers mots.

Comment partir?  

Sans être désespéré, le Québécois constate avec déception que toutes ses démarches auprès du consulat canadien en Ukraine ont fait chou blanc. Il espère de tout cœur que le gouvernement de Justin Trudeau trouvera une solution pour faire évacuer les Canadiens coincés au pays.

Dans le pire des cas, l’autobus du HC Marioupol est là pour une évacuation rapide.

«Moi, ça ne me dérange pas d’aller n’importe où. Je suis légal dans n’importe quel pays. Qui va m’emmener? Est-ce que le consulat canadien en Ukraine va m’appeler? J’ai envoyé un courriel, est-ce qu’ils vont m’aider? Est-ce qu’ils vont me donner une voiture ou des directions pour savoir dans quel pays aller?», s’est questionné Sherbatov, mentionnant la Moldavie et la Pologne comme des portes de sortie possibles. Il est toutefois peu enclin à s’enfuir dans la nature par lui-même.

La patience sera de mise pour la suite.

«L’important, c’est qu’on reste ensemble. On est quand même des civils, a-t-il admis. Ce n’est plus une question de sport, c’est une question de vie. On est des pions.»

La loi martiale décrétée en Ukraine a entraîné la suspension des activités de la Super Ligue ukrainienne de hockey (UHSL). Dans un court communiqué, le circuit de six équipes a annoncé que les matchs de la saison régulière n’auraient plus lieu afin d’assurer la sécurité de tous.

La UHSL a également invité tout le monde «à rester calme et ne pas paniquer».

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