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Caisse de dépôt: l’année 2022 sera plus difficile

Le PDG de la Caisse a dévoilé un rendement de 13,5% en 2021, surpassant ses pairs

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La Caisse de dépôt a enregistré l’an dernier un rendement de 13,5 % – son meilleur depuis 2010 – mais son grand patron, Charles Emond, prévient que ce sera une performance difficile à rééditer en 2022, en raison notamment de l’inflation, de la hausse anticipée des taux d’intérêt et de l’invasion russe en Ukraine.

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Charles Emond a présenté le bilan de l’année 2021 de la Caisse de dépôt, ce jeudi, en point de presse, à l’Édifice Jacques-Parizeau, dans la métropole québécoise.
Photo Agence QMI, Mario Beauregard
Charles Emond a présenté le bilan de l’année 2021 de la Caisse de dépôt, ce jeudi, en point de presse, à l’Édifice Jacques-Parizeau, dans la métropole québécoise.

« Plus tu fais des rendements, plus tes rendements espérés sont, mathématiquement, sous pression. Les valorisations [des entreprises] sont élevées [...] alors il faut être créatif pour réussir à donner les rendements dont les déposants ont besoin », a confié M. Emond au cours d’un entretien accordé au Journal à l’Édifice Jacques-Parizeau, à Montréal.

Une première depuis 2018

Pour la première fois depuis 2018, la Caisse a donc réussi à faire mieux que son « portefeuille de référence », qui a enregistré un rendement de 10,7 % en 2021. 

Au 31 décembre, l’actif net de la Caisse s’élevait à 419,8 milliards $, contre 389,8 milliards $ six mois plus tôt.

Les placements privés de la Caisse, des investissements dans des entreprises qui ne sont pas cotées en Bourse, ont tiré les résultats vers le haut avec une performance « exceptionnelle » de 39,2 %, contre 32,1 % pour son indice de référence, s’est félicitée l’institution.

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« Pas soutenable »

« Si vous voulez une promesse de 39 % chaque année, c’est non, a lancé le PDG de la Caisse en conférence de presse. Ça ne sera pas soutenable, je l’ai déjà dit à mon conseil d’administration. Néanmoins, je tiens à rassurer sur ces chiffres-là. On n’a pas simplement mis une valeur sur papier. Une grande partie de ce rendement-là vient de transactions réalisées. »

Dans les placements privés, « on a plus vendu qu’on a acheté, donc on a matérialisé ce rendement-là », a indiqué M. Emond.

Ce portefeuille, lancé il y a à peine 20 ans, pèse désormais près de 83 milliards $, soit 20 % de l’actif de la Caisse. Il a explosé de 60 % en 24 mois pour devenir le troisième en importance au sein de l’institution, derrière les titres de revenu fixe (31 %) et les placements boursiers (28 %).

Il n’est toutefois pas question que les placements privés deviennent plus importants que les investissements en Bourse, a assuré M. Emond, en précisant que la catégorie arrivait à « maturité ».

Les placements boursiers ont généré un rendement de 16,2 % en 2021, légèrement supérieur à celui de 16,1 % affiché par l’indice.

En revenu fixe (prêts et obligations), la Caisse a enregistré un rendement de -0,6 %, lequel est tout de même meilleur que celui de -1,2 % de l’indice.

En infrastructures, la Caisse a présenté un rendement de 14,5 %, contre 11,4 % pour l’indice.

Pour ce qui est de la filiale immobilière Ivanhoé Cambridge, le rendement de 12,4 % obtenu par la Caisse est deux fois plus élevé que celui de l’indice (6,1 %).

On se souviendra que, l’an dernier, Ivanhoé avait présenté un rendement -15,6 %, plombant les résultats de la Caisse.  

La Caisse en 2021       

  • Actif net au 31 décembre : 420 G$ (366 G$ un an plus tôt)   
  • Rendement des placements privés : 39,2 %  
  • Rendement des prêts et obligations : -0,6 %  
  • Rendement des placements boursiers : 16,2 %   

Emond ouvert à une nouvelle vision pour le REM de l’Est   

En entrevue au Journal, le PDG de la Caisse Charles Emond se prononce sur le REM de l’Est et l’investissement controversé dans l’entreprise américaine Celsius Network.


Q : Avez-vous sous-estimé les réactions négatives au projet du REM de l’Est ?

R : On a consulté des milliers de gens, on a modifié substantiellement le projet. [...] Il n’y aura jamais unanimité sur un projet comme ça. On ne fait que répondre à une question que le gouvernement nous pose : comment régler la connexion avec l’Est de Montréal ? [...] Les gens disent que ça n’a pas été transparent, mais la réalité, c’est qu’on va tout déposer publiquement toutes nos études. [...] Il n’y a pas que le rendement qui nous anime. C’est un projet de développement économique. [...] Jamais on ne va imposer un projet dont la population ne voudrait pas. On y met notre cœur, on fait tout ce qu’on peut [pour l’améliorer].


Q : Est-ce que l’investissement de la Caisse dans la plateforme Celsius Network en valait la peine compte tenu de la mauvaise presse qu’il a engendrée ?

R : Oui. On n’est pas dans la cryptomonnaie. On n’est pas intéressés à spéculer sur la crypto. Celsius, ce sont des chaînes de blocs. Ça permet de transférer des actifs de manière sécurisée et transparente, sans organe centralisé. Ça amène beaucoup d’applications possibles. Celsius, c’est le plus gros gestionnaire d’actifs au monde dans ce secteur-là. Il fournit une plateforme transactionnelle. Ça va devenir une banque, essentiellement. C’est une nouvelle technologie où le régulateur est un peu en arrière. Il n’y a pas d’accusations contre Celsius, ce sont des vérifications. On travaille avec le régulateur.

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