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L’OTAN déploie des troupes mais n’ira pas plus loin

L’organisation internationale risque gros si elle décide de fournir des soldats à un pays qui n’est pas membre

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Si les pays de l’OTAN se portaient militairement à la défense de l’Ukraine, qui n’est pas membre de l’organisation, une troisième guerre mondiale serait automatiquement déclenchée, affirment des experts. 

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Il n’est donc pas étonnant que l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), une alliance militaropolitique de 30 pays occidentaux, ne se porte pas à la défense de l’Ukraine, estime Justin Massie, professeur de science politique à l’Université du Québec à Montréal.

Les pays membres, dont le Canada et les États-Unis, ont plutôt opté pour un soutien en armement, humanitaire et économique à l’Ukraine. 

Dans une stratégie d’endiguement, ils ont également redéployé des milliers de troupes autour de l’Ukraine et de la Russie, en Pologne, dans les pays baltes, en Roumanie et en Slovaquie, par exemple.    

La Russie « a vu l’opportunité d’intervenir maintenant, car elle savait que les États-Unis n’allaient pas se porter à la défense de l’Ukraine et qu’elle était donc en mesure de faire la guerre sans déclencher une troisième guerre mondiale », explique M. Massie.

Les actions occidentales vont toutefois « plus loin que ceux qui connaissent l’OTAN l’auraient cru. [...] Ce n’est pas le gendarme du monde », précise pour sa part Frédéric Mérand, professeur à l’Université de Montréal et chercheur au Centre d’études et de recherches internationales.

L’OTAN est une organisation défensive collective selon laquelle « une attaque contre l’un ou plusieurs de ses membres est considérée comme une attaque dirigée contre tous ». 

Origines

Depuis 1997, la plupart des pays de l’ex-URSS ont adhéré à l’OTAN. En 2008, l’Ukraine en a à son tour fait la demande. 

« Je faisais partie de ceux qui pensaient que l’OTAN devait être prudente face à l’élargissement de pays comme l’Ukraine, pour ne pas provoquer inutilement [la Russie]. Mais en ce moment, la Russie démontre pourquoi l’Ukraine avait raison de vouloir en faire partie », précise M. Mérand.

« C’est paradoxal d’être dans une situation où on a refusé de lui donner un statut de membre pour empêcher un conflit auquel on assiste aujourd’hui », poursuit M. Massie.

Visées russes 

Le premier ministre de la Pologne, Mateusz Morawiecki, a affirmé au quotidien Ouest-France craindre une attaque russe sur son territoire. 

Vladimir Poutine « a commencé en Géorgie, maintenant l’Ukraine, le prochain objectif pourrait être les pays baltes, la Pologne, la Finlande ou d’autres pays du flanc est. Il veut clairement rétablir l’Empire russe », a-t-il dit.

Une telle intervention militaire russe ne serait toutefois pas envisageable, selon M. Massie. 

« Les pays de l’OTAN ont martelé que si vous vous attaquez à un membre, vous vous attaquez aux États-Unis et ils riposteront », précise-t-il.

« L’idée qu’il puisse y avoir une confrontation directe entre [la Russie et les États-Unis] est presque impensable. Mais Poutine en Ukraine est allé beaucoup plus loin que ce dont tous les observateurs le croyaient capable », conclut M. Mérand. 

La planète manifeste    

Manifestation devant le consulat russe contre la guerre en Ukraine à Montréal.
Photo Agence QMI, Mario Beauregard
Manifestation devant le consulat russe contre la guerre en Ukraine à Montréal.

Des milliers de manifestants se sont réunis hier à travers le monde pour soutenir l’Ukraine, victime d’attaques russes depuis quelques jours et laissée à elle-même, sans renforts militaires étrangers. Que ce soit devant l’Assemblée nationale à Québec, devant le consulat russe à Montréal, à Times Square à New York, le bleu et le jaune étaient à l’honneur. Royaume-Uni, France, Israël, Argentine, Italie, Géorgie, Japon, Brésil, Taïwan et Autriche ont aussi été le théâtre de rassemblements où le président russe Poutine, était pointé du doigt.

Une manifestante à Québec.
Photo Jérémy Bernier
Une manifestante à Québec.

Des manifestants à New York.
Photo AFP
Des manifestants à New York.

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