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Refondation du réseau: personne d’épargné par la COVID

Comme au Québec, bien des systèmes de santé dans le monde ont été éprouvés, voire débordés par le virus

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Le premier ministre François Legault a lancé l’idée de « refonder » le réseau de la santé au moment où les hôpitaux débordaient, durant la cinquième vague de COVID-19. Si la situation a été très difficile dans nos établissements au cours des dernières semaines, plusieurs pays ont eux aussi dû faire face à des situations dramatiques. Voici quelques exemples de situations vécues ailleurs depuis deux ans. 

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ÉTATS-UNIS 

Photo d'archives, AFP

Un bateau-hôpital militaire mobilisé à New York, des ambulances déroutées des hôpitaux parce qu’ils ne peuvent plus accueillir de nouveaux patients au Kentucky, des morgues mobiles pleines à craquer au Texas, des patients transférés vers d’autres États parce qu’ils ne peuvent être soignés nulle part, des dizaines d’hôpitaux qui déclarent faillite parce qu’ils ne peuvent plus faire de chirurgies électives : le système de santé de nos voisins du sud est durement affecté par la pandémie, particulièrement depuis que la vague de Delta a frappé les non--vaccinés, dès le milieu de l’été dernier. Les effets de cette vague ont été à géométrie variable, selon les taux de vaccination des États. Les Américains sont parmi les premiers au monde à avoir eu accès aux vaccins contre la COVID, mais la société fortement divisée sur la question ralentit la campagne de vaccination. 

RUSSIE  

Photo d'archives, AFP

Un responsable de la santé russe s’est vanté en avril 2020 d’avoir un des plus bas taux de mortalité de la COVID-19 dans le monde, si bien que la Russie a envoyé des ventilateurs et d’autres équipements aux États-Unis et en Italie, qui étaient submergés. Quelques jours plus tard, des ambulances formaient des files par dizaines à l’extérieur d’hôpitaux de Moscou, qui avaient atteint leur limite selon les autorités locales. Avant même l’apparition d’Omicron, les autorités russes déclaraient à la mi-novembre que 83 % des 300 000 lits réservés aux patients COVID étaient occupés. Depuis décembre, des reportages parlent d’un « déluge » d’hospitalisations, particulièrement parce qu’un taux important de la population russe n’est pas vacciné contre la COVID-19.  

GRANDE-BRETAGNE  

Certaines régions du nord de l’Angleterre ont été submergées de malades de la COVID-19 pendant la présente vague, au point qu’on a demandé aux personnes frappées d’une crise cardiaque de se faire reconduire à l’hôpital au lieu d’appeler une ambulance.

Le système de santé de la Grande-Bretagne a été malmené par les différentes vagues. Au printemps 2020, une pénurie de sacs mortuaires a forcé les travailleurs de la santé à envelopper les victimes de la COVID-19 dans des draps. 

En janvier 2021, près de 40 000 personnes ont été hospitalisées en même temps, causant beaucoup de délestage malgré l’aide des cliniques privées. Il y a eu environ la moitié moins d’hospitalisations au sommet de la présente vague, qui a débuté l’été dernier. 

Toutefois, la hausse fulgurante des hospitalisations et celle des soignants malades ont eu un impact sur le système de santé pire qu’en janvier 2021.  

FRANCE 

Photo d'archives, AFP

Des hôpitaux français ont été contraints en janvier à refuser des patients aux soins intensifs par manque de lits et ont privilégié ceux qui avaient le plus de chances de survie. Le « plan blanc », le protocole d’urgence pour le système de santé, a été déclenché dans plusieurs régions en décembre 2021 afin de mobiliser plus de personnel, de libérer des lits et de délester les soins non urgents. 

D’un sommet de vague à l’autre, les hôpitaux sont submergés par environ 30 000 hospitalisations. Chaque vague épuise de plus en plus les soignants, qui sont nombreux en arrêt maladie. Dans la région parisienne, environ 15 % des lits étaient fermés par manque de personnel en décembre dernier.  

ITALIE 

Photo d'archives, AFP

Dès le printemps 2020, certains hôpitaux italiens ont dû cesser de donner des soins de base pour ne traiter que des patients atteints de la COVID-19. En Lombardie, on a priorisé les soins et le matériel médical pour les jeunes patients, qui avaient une meilleure chance de survie. Un hôpital de campagne a été aménagé en 10 jours dans un centre des congrès de Milan. La seconde vague a frappé presque aussi fort, alors que certains hôpitaux du nord de l’Italie avaient jusqu’à 99 % de patients COVID. 

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