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Enquête sur des crimes contre l’humanité: Poutine renie sa parole après s’être engagé à protéger les civils

Enquête sur des crimes contre l’humanité: Poutine renie sa parole après s’être engagé à protéger les civils
AFP

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Après avoir promis au président français d’épargner les civils, hier, le numéro un de la Russie, Vladimir Poutine, a poursuivi son offensive meurtrière contre des cibles non militaires en Ukraine, au point où la Cour pénale internationale a décidé de lancer une enquête.

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Poutine et Emmanuel Macron ont discuté durant 90 minutes au sujet de la situation en Ukraine.

Selon l’AFP, Macron a demandé «un arrêt de toutes les frappes et attaques contre les civils et lieux de résidence, une préservation de toutes les infrastructures civiles et une sécurisation des axes routiers.»

«Le président Poutine a confirmé sa volonté de s’engager sur ces trois points», a ensuite expliqué la présidence française.

800 kg d’explosifs

Pourtant, à 18h40 (11h40 à l’heure du Québec), une explosion puissante, beaucoup plus que celle des roquettes utilisées jusque-là, a frappé des installations civiles de Kiev.

Une personne non loin de l’explosion a envoyé une vidéo au Journal. Elle a indiqué que des militaires sur place estimaient qu’il s’agissait d’un missile balistique russe de type Iskander.

L’Agence Interfax-Ukraine a rapporté dimanche un message du ministre de l’Intérieur de l’Ukraine, Anton Gerashchenko, sur Telegram. Il y affirmait qu’un missile de ce type avait été lancé vers l’Ukraine à partir de la Biélorussie à 17h, en plus d’envoyer une vidéo de l’événement.

Selon Wikipédia, un missile Iskander peut transporter une charge explosive de 800 kg sur une distance de 500 km à une vitesse de 9000 km/h, soit sept fois la vitesse du son. Il lui suffit donc de 40 secondes pour parcourir 100 km.

Les civils ciblés

Sur les ondes de CNN hier, un ancien commandant de l’armée américaine en Europe, Mark Hertling, a été appelé à commenter une vidéo montrant l’explosion d’une arme russe sur un bâtiment civil de Kharkiv, une des principales villes visées par les forces de Poutine.

«Il s’agit d’une roquette Smerch. Lorsqu’elle explose, elle libère une grappe de petites bombes. C’est comparable à une centaine de grenades à main qui atterrissent sur une grande surface. Elles sont conçues pour tuer des civils sur une grande échelle. J’ai constaté leur utilisation par les Russes dans d’autres villes au cours des derniers jours», a affirmé le militaire retraité.

Au-delà des dégâts directs causés par ces bombes, Hertling s’inquiète aussi d’un autre effet de l’utilisation de ces armes.

«Certaines n’explosent pas et deviennent ensuite comme des mines abandonnées sur lesquelles les civils poseront les pieds», a-t-il ajouté.

Crime de guerre

Amnistie internationale a dénoncé le recours à ces bombes dites à sous-munition utilisées dès le début du conflit, le 24 février.

L’organisme avait confirmé dimanche qu’une roquette Ouragan de 220 mm avait largué des armes à sous-munitions sur une école maternelle de Okhtyrka. Des habitants s’y abritaient de l’agression russe. Un enfant et deux civils sont décédés.

«Rien ne saurait justifier le largage d’armes à sous-munitions dans des zones peuplées, et encore moins à proximité d’une école», a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d'Amnistie internationale.

«Cette attaque porte la marque de fabrique de l’usage par la Russie de ces armes qui frappent sans discrimination et sont interdites au niveau international, témoignant d’un mépris flagrant pour la vie des civils», a-t-elle ajouté.

La Haye enquête

Amnistie internationale a mentionné que cette frappe pouvait constituer un crime de guerre.

Les soupçons sont assez forts pour que la Cour pénale internationale décide de lancer une enquête pour «crimes de guerre et des crimes contre l'humanité».

«Aujourd'hui, je souhaite annoncer que j'ai décidé de procéder à l'ouverture d'une enquête sur la situation en Ukraine, aussi rapidement que possible», a lancé hier le procureur de la Cour, Karim Khan.

«J’ai examiné les conclusions du Bureau découlant de l’examen de la situation en Ukraine et j’ai confirmé qu’il existe une base raisonnable pour procéder à l’ouverture d’une enquête. Je suis convaincu qu’il existe une base raisonnable pour croire que des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité présumés ont été commis en Ukraine. Compte tenu de l’expansion du conflit ces derniers jours, j’ai l'intention que cette enquête englobe également tous les nouveaux crimes présumés relevant de la compétence de mon Bureau qui sont commis par toute partie au conflit sur n’importe quelle partie du territoire de l’Ukraine», a ajouté M. Khan.

«Demander des comptes»

Dans son intervention sur CNN, hier avant-midi, Mark Hertling avait d’ailleurs souligné qu’en Ukraine, la Russie ne faisait que répéter ce qu’elle a fait ailleurs dans le passé, notamment des actions «inhumaines».

«La Russie mène une campagne de terreur à l’endroit de la population [...] On a vu la Russie sans arrêt à plusieurs endroits, en Syrie, en Tchétchénie, en Transnistrie [conflit en Ossétie du Sud]. Ils ont été les oppresseurs et inhumains. Et il est temps de lui demander des comptes», a-t-il conclu.

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