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Accusé de fomenter la haine: procès d’un rédacteur montréalais néonazi

Accusé de fomenter la haine: procès d’un rédacteur montréalais néonazi
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Un Montréalais qui a déjà été considéré comme l’un des néonazis les plus influents en Amérique du Nord a commencé à subir son procès pour avoir volontairement fomenté la haine contre les Juifs. 

« Gabriel Sohier Chaput était rédacteur pour le Daily Stormer, une publication d’extrême droite. Le procès se tient à propos d’un article qu’il a écrit et envoyé à ce site », a résumé Me Patrick Lafrenière, de la Couronne, lundi, au palais de justice de Montréal.

Accusé de fomenter la haine: procès d’un rédacteur montréalais néonazi
Photo Pierre-Paul Poulin

Sohier Chaput, 35 ans, est un Montréalais qui utilisait l’alias « Zeiger » afin de publier des textes sur Daily Stormer, une publication web américaine ultra populaire chez les néonazis américains. 

Ce site avait été mis sous les feux de la rampe en 2017 lors du rallye de suprémacistes blancs à Charlottesville aux États-Unis, auquel Sohier avait participé.

Et c’est un de ses courts textes, à propos d’une nouvelle concernant des affiches nazies placardées sur une église de la Colombie-Britannique, qui a attiré l’attention des policiers montréalais.

« 2017 sera une année d’action. On doit s’assurer qu’aucun guerrier de la justice sociale ou Juif puisse rester à l’abri d’être choqué. Du nazisme non-stop, partout, jusqu’à ce que toutes les rues soient inondées des larmes de nos ennemis », pouvait-on lire sous une publication signée par Zeiger.

Gabriel Sohier Chaput, qui a été rédacteur pour un site web néonazi, subissait son procès pour avoir fomenté la haine, hier, au palais de justice de Montréal.
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Gabriel Sohier Chaput, qui a été rédacteur pour un site web néonazi, subissait son procès pour avoir fomenté la haine, hier, au palais de justice de Montréal.

Termes racistes

Le texte, accompagné de mèmes, utilisait des termes racistes envers les Chinois et les Juifs, tout en exprimant le souhait que ces derniers soient insultés dans la rue. Une plainte faite par l’organisation juive B'nai B'rith avait été déposée, menant à l’arrestation de Sohier-Chaput en 2018.

La preuve présentée lundi s’est limitée aux témoignages de deux enquêteurs qui ont expliqué comment ils avaient récupéré le texte sur internet.

Mais même s’il a admis lundi qu’il a bien été rédacteur pour le Daily Stormer de 2016 à 2017 et qu’il était « en partie » l’auteur de l’article raciste, Sohier Chaput a quand même affirmé être innocent.

« Non coupable », a-t-il dit au juge Manlio Del Negro lors de la mise en accusation.

En lisant entre les lignes, on comprend que Sohier Chaput pourrait contester d’avoir lui-même écrit les extraits en cause. Ou il pourrait défendre l’idée qu’il ne s’agit pas de propos qui, légalement, pourraient être considérés comme pouvant fomenter la haine.

« Il devrait y avoir une défense », a assuré son avocate Hélène Poussard.

Le procès est censé durer au plus toute la semaine.