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Bases militaires réactivées: des armes russes à nos portes

Dans l’Arctique, la Russie a réactivé et reconstruit ses bases militaires datant de la guerre froide

Bases militaires réactivées: des armes russes à nos portes

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OTTAWA | Depuis sa première offensive en Ukraine en 2014, la Russie masse aussi des troupes et du matériel de guerre à la frontière du Canada, en Arctique, où elle a réactivé ses bases militaires datant de la guerre froide. 

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« Les gens ne réalisent pas à quel point on est proche géographiquement de la Russie. Par les airs, on est à côté », souligne le député fédéral conservateur Pierre Paul-Hus pour qui la menace russe à notre frontière arctique est bien réelle.

Or, les défenses du Canada au Nord « font pitié », déplore l’ex-militaire. Robert Huebert, professeur à l’Université de Calgary, expert de la sécurité et de la souveraineté de l’Arctique, confirme.

Bien que le scénario d’une attaque russe au Nord lui paraisse peu probable actuellement, il souligne que Vladimir Poutine est imprévisible et que les Russes dominent l’Arctique militairement et stratégiquement.

Depuis quelques années, les Russes y ont investi massivement et encerclent maintenant la moitié du cercle polaire de 18 bases militaires. Leur dernier exercice militaire d’envergure dans la région a eu lieu en janvier. Trente navires de guerre, 20 avions et 1200 militaires y participaient.    

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Équipement obsolète

« Nous devons nous assurer que nous pourrons voir et réagir à tout ce que les Russes pourraient faire en Arctique. Nous devons être sérieux avec ça dès maintenant », dit M. Huebert.

Pour y parvenir, il faut investir dans la modernisation du Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD), dit-il, car plusieurs de ses installations sont obsolètes, en particulier le système d’alerte Nord qui dépend de radars.      

Ce système permet de détecter les missiles, les avions de chasse et les bombardiers, mais il est si vieux qu’il a du mal à détecter les nouvelles technologies militaires, explique M. Paul-Hus.

« Le Canada continuera de travailler avec ses partenaires américains pour s’assurer que le NORAD sera modernisé afin de relever les défis actuels et futurs pour la protection et pour la souveraineté de l’Arctique », a assuré la ministre de la Défense, Anita Anand, hier.

Elle a indiqué que le Canada avait engagé un investissement initial de 252,2 millions $. Mais cette somme a servi à « payer une compagnie inuite pour s’occuper de l’entretien », critique M. Paul-Hus.

M. Huebert ajoute que les avions de chasse canadiens vieillissants font de moins en moins le poids face à l’aviation moderne des Russes ou des Chinois. Nos CF-18s de près de 40 ans sont sur le point d’être remisés ce qui nous rendra de plus en plus dépendant de Washington qui stationne une centaine de F-35 et de F-22s en Arctique.      

Ambitions impériales

Lorsque la Russie a attaqué l’Ukraine en 2014 pour annexer la Crimée, le premier ministre Stephen Harper avait signalé que le Canada devait être prêt à répondre à d’éventuelles incursions de Moscou.

« En Europe, nous voyons les ambitions impériales de Vladimir Poutine, qui semble déterminé à ce qu’il n’y ait pas de paix pour les voisins de la Russie, avait-il dit en marge d’un exercice militaire au large de l’île de Baffin. Et puisque la Russie est aussi un voisin du Canada, nous ne devons pas faire preuve d’aveuglement ici non plus. »

Ce discours est plus que jamais pertinent, estime M. Huebert, d’autant plus que la frontière entre la Russie et le Canada en Arctique est mouvante. La Russie revendique 70 % du fond marin de l’Arctique, empiétant sur des territoires que revendique aussi le Canada.

« Il y a un énorme degré de chevauchement (entre nos revendications territoriales) », souligne le chercheur. 

  • Écoutez l’entrevue de Frédéric Lasserre, professeur de l’Université Laval et expert en géopolitique arctique  

Qu’est-ce que le NORAD ?

Le Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD) est une organisation binationale américaine et canadienne.

Sa mission est d’assurer la surveillance et le contrôle de l’espace aérospatial de l’Amérique du Nord. Il est responsable de la mission d’alerte en cas d’attaque aérospatiale et surveille aussi les régions maritimes des deux pays.

Ce partenariat est né en 1958 des fortes tensions vécues avec l’Union soviétique pendant la guerre froide. L’avènement des armes nucléaires et des bombardiers à long rayon d’action a entraîné un risque d’attaque, d’où la nécessité d’une protection commune.

La base aérienne Elmendorf, en Alaska, est en première ligne de défense dans l’Arctique.

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