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Ses écrits néonazis se voulaient drôles

Un Montréalais se défend d’avoir fomenté la haine avec ses propos

Ses écrits néonazis se voulaient drôles
Capture d'écran

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Le prolifique contributeur d’un site néonazi s’est défendu d’avoir fomenté la haine en plaidant l’humour et l’ironie, même s’il a fini par reconnaître que ses propos racistes pouvaient choquer. 

• À lire aussi: Accusé de fomenter la haine: procès d’un rédacteur montréalais néonazi

« J’étais conscient que certains Juifs pourraient interpréter ça comme [un appel à] la persécution, mais c’est pas ça que je voulais dire. Pour moi c’était comique de parler de “nazisme non-stop” », a affirmé Gabriel Sohier Chaput après un barrage de questions de la Couronne, mardi, au palais de justice de Montréal.

L’accusé de 36 ans subit présentement son procès pour avoir fomenté la haine, en lien avec un texte utilisant des stéréotypes racistes et péjoratifs envers les Juifs, publié en 2017 sur le Daily Stormer, un des sites néonazis les plus populaires en Amérique du Nord.

Gabriel Sohier Chaput, lundi, lors de son procès au palais de justice de Montréal sous une accusation d’avoir volontairement fomenté la haine envers les Juifs.
Photo Pierre-Paul Poulin
Gabriel Sohier Chaput, lundi, lors de son procès au palais de justice de Montréal sous une accusation d’avoir volontairement fomenté la haine envers les Juifs.

Témoignant pour sa défense, Sohier Chaput a toutefois minimisé la portée des messages racistes de ce site web, dont des sections se nomment « Problème juif » et « Guerre raciale », avec en en-tête une photo d’Adolf Hitler.

Poète

« Ça utilise l’humour pour déstabiliser », a dit le Montréalais, qui estime avoir écrit jusqu’à 1000 articles pour ce site, entre 2016 et 2017.

Se disant friand de tournures « poétiques et littéraires », il a toutefois affirmé qu’il voulait choquer, mais qu’il n’y avait pas d’intention raciste de sa part.

Quant au passage appelant à s’en prendre aux Juifs dans la rue, il affirme qu’il s’agissait d’un ajout de son éditeur, tout comme un dessin montrant un officier SS ouvrir une valve de gaz, en référence aux camps d’extermination lors de la Deuxième Guerre mondiale.

Confiant et affirmé lors de son témoignage principal, Sohier
Chaput a toutefois paru plus hésitant lors de son contre-interrogatoire par Me Patrick Lafrenière de la poursuite.

Réaffirmant qu’il n’y avait rien de sérieux dans ses textes, il a ensuite dit que le nazisme n’existait pas, qu’il ne croyait pas à l’existence de suprémacistes voulant persécuter des gens.

Invention

« Pour moi, c’est une invention », a dit celui qui, ironiquement, a participé à la manifestation de suprémacistes blancs à Charlottesville aux États-Unis en 2017.

Puis, confronté aux questions de la Couronne, il a fini par admettre que « frustrer les Juifs, c’est dans l’esthétique » du Daily Stormer. Mais attention, a-t-il ajouté, le site s’en prend aussi aux Noirs, aux femmes et aux homosexuels.

Questionné à savoir si la publication s’en prenait aussi aux hommes blancs, Sohier Chaput a répondu que « oui, s’ils sont efféminés ».

Il a ensuite reconnu savoir que ses écrits pouvaient être interprétés comme un appel à la persécution des Juifs. « Si chaque fois que j’écris je dois réfléchir sur l’interprétation que ça peut avoir, ce serait ridicule », a-t-il ajouté pour ensuite tempérer ses propos. 

  • Les plaidoiries finales se tiendront vendredi, en commençant par celles de Mes Hélène Poussard et Vicky Powell de la défense. 
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