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Que pouvons-nous faire pour aider les Ukrainiens?

Manifester son appui au gouvernement est le meilleur levier, selon des experts

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Aide humanitaire, manifestations, lettres ouvertes ; il y a plusieurs choses que les Québécois peuvent faire pour combattre l’impuissance devant le sort tragique des Ukrainiens attaqués sous nos yeux.

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« Mes jeunes à l’université, ils ont le goût de pleurer », observe Charles-Philippe David, fondateur de la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques.

Cette impuissance, il la ressent plus que jamais. « Mais je refuse de croire qu’il n’y a rien à faire. »

Des manifestants sont réunis devant le consulat russe à Montréal pour dénoncer la guerre en Ukraine.
Photo Agence QMI, Mario Beauregard
Des manifestants sont réunis devant le consulat russe à Montréal pour dénoncer la guerre en Ukraine.

Rappelons que malgré l’invasion gratuite de la Russie, l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) n’a pas l’intention d’envoyer des troupes se battre en Ukraine puisque cela reviendrait à entrer en troisième guerre mondiale avec une puissance nucléaire. 

L’image d’une population ukrainienne sacrifiée pour éviter un conflit de plus grande ampleur, c’est celle que plusieurs se font de la situation et que partage Dominique Arel, titulaire de la Chaire en études ukrainiennes à l’Université d’Ottawa.

Alors, que peut-on faire ? La première chose qui vient en tête aux experts est l’implication ou les dons aux organismes d’aide humanitaire actifs sur le terrain. 

On entend aussi de plus en plus de témoignages de gens qui se rendent en Ukraine pour combattre, une option que les experts ne recommandent pas.  

«Il faut quand même s’y rendre. Et par quel canal?», se demande Richard Giguère, ex-militaire et professeur invité à l’Université Laval. «Je ne dis pas que c’est impossible, mais c’est tout un défi.»  

Ce genre de voyage peut d’ailleurs poser problème lorsque le combattant improvisé veut rentrer au pays, puisque même en contexte de guerre, certaines actions sont illégales, rappelle Justin Massie, professeur de politique à l’UQAM.

Faire pression

Le plus important levier qu’ont les Québécois, c’est de faire pression sur les gouvernements pour qu’ils sachent qu’ils ont l’appui de la population, croit Nelson Michaud, professeur à l’École nationale d’administration publique.  

Par exemple, une centaine de chercheurs ont signé une lettre ouverte visant tous les ministères fédéraux et provinciaux, initiée par des professeurs de la Faculté de droit de l’Université Laval. 

«Le but n’est pas d’être critique» envers le gouvernement canadien, «mais de soutenir et réitérer que le Canada doit renforcer ses efforts», explique le premier signataire, Vladyslav Lanovoy, qui est lui-même d’origine ukrainienne.  

La tension commençait d’ailleurs à être forte hier pour que l’OTAN instaure une zone d’exclusion aérienne au-dessus de l’Ukraine, ce qui empêcherait les forces russes de bombarder les civils de cette façon. 

Or, cette « no-fly zone » aurait à être protégée. Des avions de chasse de l’OTAN se retrouveraient donc à abattre des avions russes, ce qui reviendrait à déclarer la guerre à la Russie, expliquent les experts.

Risque d’escalade

« C’est à proscrire de toute urgence », réagit Justin Massie, qui y voit un potentiel début d’une guerre mondiale.

« Moi, je n’ai pas de problème avec ça [la zone d’exclusion aérienne] si l’opinion publique l’appuie, affirme M. David. Mais les gens doivent alors comprendre les implications très sérieuses et risquées d'une guerre avec la Russie [...] Accepteraient-ils de tels risques ? Je ne le crois pas. »

Il croit que des options moins hostiles sont encore possibles. Un corridor humanitaire pourrait être instauré entre Kyïv et la Pologne, ou encore un pont aérien.  

Ces choix permettraient d’approvisionner les Ukrainiens et de leur permettre de mieux se défendre, mais n’impliqueraient pas a priori de combats entre des militaires de l’OTAN et les forces russes.  

« On dirait juste : “Vous nous laissez passer parce que nous, on apporte de l’aide aux gens de Kyïv [...] Et si vous ne respectez pas ça, là, on [entre en] guerre’’. » 

«Je préférerais renverser l’équation», c’est-à-dire de laisser à Vladimir Poutine «l’odieux» de déclencher une guerre avec les puissances occidentales, plutôt que de la provoquer.

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