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Si Poutine ne recule pas, on fait quoi?

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Sanctions économiques, envoi d’armes, campagnes de boycottage...

Tout ça est bien beau. 

Mais si ce n’est pas suffisant ? Si ces mesures, loin de forcer Poutine à freiner ses visées expansionnistes, comme on l’espère, jettent au contraire des bûches dans son foyer ?

Excitent sa colère ?

Et lui donnent le goût d’aller plus loin et de cogner plus fort ?

On fera quoi ?    

  • Écoutez l'édito de Richard Martineau diffusé chaque jour en direct 8 h via QUB radio :   

EXCITER LA BÊTE

Une guerre est juste quand les deux belligérants partagent les mêmes valeurs.

Respectent les mêmes limites.

Et s’entendent sur « ce qui se fait » et « ce qui ne se fait pas ».

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

(C’est la raison pour laquelle il y a des « règles » dans une guerre, aussi bizarre que cela puisse paraître.)

Mais qu’arrive-t-il quand l’un des deux combattants n’éprouve aucun scrupule à tuer des civils, à raser des villes entières ou à utiliser l’arme nucléaire – comme, il est important de le rappeler, les Américains n’ont pas hésité à le faire, et deux fois plutôt qu’une, contre des populations civiles au Japon ? Actuellement, rien ne nous prouve que Vladimir Poutine est raisonnable et qu’il a toute sa tête. 

Ses « pseudo tentatives de négociations » ne sont peut-être qu’un écran de fumée destiné à gagner du temps et à convaincre l’Occident que le régime russe (c’est-à-dire lui) fait tout pour éviter le pire. 

Donc, on fera quoi si jamais la bête, loin de s’assagir, continue de rugir ?

Jusqu’où on est prêt à aller ? J’espère que les leaders des pays occidentaux se sont posé cette question avant d’envoyer des armes à l’Ukraine. Parce que c’est LA question. 

Avec un grand L et un grand A.    

ET SI POUTINE NE RECULE PAS ?

Vous vous souvenez de la fin du film Apocalypse Now ? Le colonel Kurtz (Marlon Brando) se rappelle la fois où, avec ses soldats, il est entré dans un village vietnamien et a vacciné des dizaines d’enfants contre la polio. Quelques minutes plus tard, les Vietcongs entraient dans le même village et coupaient les bras de tous les enfants que les Américains avaient vaccinés... « Je suis retourné au village et j’ai vu une pile de bras. Une montagne de petits bras. Et c’est là que j’ai su qu’ils allaient gagner la guerre... Parce qu’ils étaient capables de faire ça. Parce qu’ils avaient la force de faire ça, sans s’embarrasser de morale, de jugement... » Les Américains ont vaincu l’armée japonaise, car ils n’avaient aucun scrupule à utiliser des bombes atomiques pour tuer 200 000 civils, comme ça, d’un coup, paf ! Contrairement à ce qu’on nous raconte au cinéma, ce n’est pas le soldat Ryan qui a mis un terme à la Deuxième Guerre mondiale, c’est Fat Man et Little Boy, les deux bombes que les troupes US ont lâchées sur Hiroshima et Nagasaki. C’est ça, la guerre. Ce n’est pas le meilleur qui gagne, le plus honorable, le plus respectable. C’est celui qui est prêt à aller le plus loin.

Et si Poutine est prêt à aller très loin, pour ne pas perdre la face ? S’il n’éprouve aucun scrupule à envoyer des missiles nucléaires à courte portée contre l’Ukraine ?

On fera quoi ?

On mettra des drapeaux de l’Ukraine sur notre page Facebook ? 

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