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Le Québec à genoux devant Netflix

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Les Québécois, ces immémorants, veulent-ils qu’on leur épargne les « invasions barbares » des géants du numérique ? Permettez-moi d’en douter.

Alain Saulnier, une voix connue de Radio-Canada, journaliste émérite devenu enseignant en communication à l’Université de Montréal, vient de publier Les barbares numériques, un essai qui illustre à quel point notre production culturelle est vulnérable face aux goliaths numériques qui font irruption dans le paysage sans répondre aux mécanismes de contrôle conçus pour la télé ou la radio.

Ma consœur Sarah-Émilie Nault s’est entretenue avec cet homme lucide avec qui je suis pleinement d’accord... sauf sur un point : je ne suis pas sûr que les Québécois veulent vraiment résister à ces envahisseurs que sont les Netflix, Prime, AppleTV+ et Disney+.

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Flanc mou

Eh oui, je me demande, M. Saulnier, si les Québécois, devenus des inconscients collectifs, veulent vraiment raffermir leur culture.

Nos artistes, chanteurs, cinéastes, comédiens et surtout nos publicistes font un effort énorme pour glorifier le joual, les sacres, les anglicismes. Les « tabarnaks », les jokes, les tounes, le fun, les shows, les stages, rendent notre nourriture quotidienne indigeste et anémique.

Ce relâchement, ce ramollissement, cette idéologie de flanc mou se sont institutionnalisés. Même à la grande messe du dimanche soir à Radio-Canada, on baragouine. Nous voilà intellectuellement démunis pour résister aux intrépides barbares du numérique... devant lesquels on risque de rester à genoux.

Défaitisme

Ne nous étonnons pas si la nouvelle responsable du dossier du bilinguisme au fédéral, Ginette Petitpas-Taylor, avec sa supposée « médecine de cheval » présentée avant-hier, se retrouve aussi le bec à l’eau.

Elle s’inquiète du recul du français, mais... rien pour Legault qui n’aura pas sa loi 101 appliquée aux fonctionnaires fédéraux basés au Québec. On donnera des petites tapes sur les doigts des Air Canada et CN. On ne touchera toutefois ni aux entreprises de 50 employés et moins, ni à l’affichage, ni aux raisons sociales. Car on sait fort bien que, dans ce dossier aussi, les Québécois vont demeurer à genoux.

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