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Le voyage romantique d’un Québécois en Ukraine vire au cauchemar

Alain Mireault - Voyage romantique en Ukraine
Crédit : Alain Mireault

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Le voyage romantique d’un Québécois en Ukraine a tourné au cauchemar lorsqu'il s’est abruptement terminé aux sons des sirènes de la guerre annonçant l'invasion russe. 

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«Je vais me rappeler de ce voyage-là toute ma vie. Ç’a été l’enfer. Ma famille et mes amis m’ont dit de ne pas aller en Ukraine, mais comme je dis souvent, l’amour est plus fort que la guerre», lance Alain Mireault, en entrevue vidéo avec Le Journal

Ce résident de Saint-Jérôme était toujours coincé hier en Europe après avoir fui in extremis l’Ukraine. De son logement en Pologne, M. Mireault se disait encore ébranlé par les images de la guerre et la peur d’être tué à tout moment par un soldat russe.   

Il affirme aussi avoir été sauvé par sa nouvelle compagne ukrainienne, Olena Storcheus, dont il a fait la connaissance par le biais d’un site de rencontres en ligne. 

Parti pour la Saint-Valentin

Alain Mireault est un employé de la Société de transport de Montréal (STM). Il a donc pris une pause de son travail au Québec pour visiter sa nouvelle flamme en Ukraine le 12 février, juste à temps pour la Saint-Valentin. 

Alain Mireault - Voyage romantique en Ukraine
Crédit : Alain Mireault

C’était la deuxième fois qu’Olena et lui se réunissaient. Pour l’occasion, les tourtereaux se sont donné rendez-vous à Lviv, une ville dans l'ouest de l'Ukraine.

«On a fêté ça ensemble, comme tous les amoureux. On est allé au resto et on a eu des moments intimes. C’était nos retrouvailles. On ne s’était pas vu depuis octobre 2021», confie-t-il. 

Puis, ils sont partis faire du ski sur la chaîne de montagnes des Carpates ukrainiennes. «À ce moment-là, c’était encore un voyage bucolique et même pittoresque. Je faisais du ski pour la première fois de ma vie, c’était un peu comme le Mont-Tremblant au Québec», raconte M. Mireault. 

Un film d’horreur

Le voyage romantique a ensuite pris des allures de troisième guerre mondiale. 

«On était dans les Carpates et j’avais peur en regardant les nouvelles qui disaient que l’attaque s’en venait. Je voulais quitter tout de suite [...] On est finalement revenu à Lviv dans la nuit du 23. Je me suis couché et on nous a dit que l’attaque était imminente», explique le Québécois. 

Le matin du 24 février, le monde a appris pour l’attaque russe en Ukraine. Alain Mireault était aux premières loges de ce triste événement. Durant cette journée, il a tenté de quitter le pays pour revenir au Canada. 

«30 secondes après avoir mis le pied dehors, on a entendu les sirènes de guerre pour la première fois. Je n'oublierai jamais le son de l’alerte. Je me suis dit à ce moment-là : ma vie, c’est fini», se rappelle douloureusement M. Mireault. 

Combat pour fuir

Lviv était d’ailleurs complètement congestionnée au moment où il devait fuir la ville. Le Québécois souhaitait prendre un vol en Pologne pour revenir chez lui. 

«Les gens ne parlent même pas anglais là-bas. C’est Olena qui a réussi à me mettre dans un autobus et qui m’a sauvé. C’était le chaos, tout le monde se bousculait pour quitter. J’ai attendu plusieurs heures pour traverser la frontière entre l’Ukraine et la Pologne, c’était l’horreur. Elle est restée là-bas parce qu’elle devait s’occuper de son fils», affirme Alain Mireault, qui avoue avoir eu le cœur brisé au moment de leur séparation. 

Il a finalement réussi à se rendre à Varsovie pour prendre un vol le 25 février. 

Coup de grâce? Il a été déclaré positif à la COVID-19 avant de s'envoler vers le Canada. Depuis, M. Mireault est contraint de respecter une quarantaine à l’hôtel en ce moment. En principe, il devrait revenir dans sa maison de Saint-Jérôme cette semaine. 

Manque d’aide

Alain Mireault ne s’inquiète plus pour lui désormais, mais pour sa compagne. Il demande au gouvernement canadien plus de souplesse et de compréhension pour accueillir les réfugiés ukrainiens comme Olena. 

«Je suis prêt à l’accueillir avec ses deux enfants chez moi demain matin s’il faut. Le Canada devrait pouvoir accueillir des réfugiés ukrainiens sans visa, comme le fait la Pologne présentement. Olena est réfugiée avec sa famille en Allemagne maintenant. Elle a même fait les nouvelles là-bas», déplore M. Mireault. 

Alain Mireault - Voyage romantique en Ukraine
Crédit : Alain Mireault

Notons qu’Ottawa a mentionné mercredi qu’il allait désormais simplifier le processus d’immigration pour les réfugiés ukrainiens par le biais d’un nouveau formulaire. 

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