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L'Organisation internationale de la francophonie tarde à condamner l'invasion russe

La secrétaire générale de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), Louise Mushikiwabo, du Rwanda, arrive pour un dîner avec les participants du Forum de Paris sur la paix à l'Élysée, à Paris, le 11 novembre 2019.
Photo d'archives La secrétaire générale de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), Louise Mushikiwabo, du Rwanda, arrive pour un dîner avec les participants du Forum de Paris sur la paix à l'Élysée, à Paris, le 11 novembre 2019.

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L’Organisation internationale de la francophonie (OIF) est l’une des seules organisations à ne pas encore avoir condamné le conflit armé en Ukraine.  

• À lire aussi: L'UNESCO condamne «fermement» les attaques contre les écoles en Ukraine

Alors que l’Ukraine cogne à toutes les portes de la diplomatie internationale pour obtenir des appuis, l’OIF reste muette. 

Selon nos recherches, elle est l’un des seuls organismes internationaux à ne pas avoir pris position ouvertement dans le conflit actuel. 

Les Nations unies, l’OMS, Amnistie Internationale, la Cour pénale internationale (appuyée par 39 pays), qui a ouvert une enquête liée aux actions russes, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et même le Commonwealth, pour n’en nommer que quelques-uns, l’ont tous fait. 

L’Ukraine compte plus d’un quart de million de citoyens dont le français est la première langue et fait partie des pays observateurs membres de l’OIF depuis son indépendance en 2006. Certains experts estiment même que plus de 2 millions et demi d’Ukrainiens parlent couramment le français.

Sur le terrain, les représentants de la communauté francophone vivent l’état d’urgence de façon tout aussi intense que tous les Ukrainiens. 

«Notre directeur Olivier Jacquot est sous la menace d’une attaque aérienne de Lviv, témoigne l’attaché culturel de l’Institut français d’Ukraine, Frédéric Rousseau. Ma collègue Anastasia Boiko est en ce moment même dans un bus en train d’être évacuée vers la Pologne et je viens à peine de sortir d’Ukraine après 40 heures de conduite sans interruption sous les tirs.» 

Qu'attend l’OIF?

L’OIF n’a pas donné suite aux courriels et appels du Journal. Des sources affirment que l’organisation cherche un consensus parmi ses membres, et que certains d'entre eux ne voudraient pas dénoncer la Russie. 

Alors que le conflit entre dans sa deuxième semaine en Ukraine, une réunion de l’OIF aurait été prévue à Paris, lundi prochain, pour tenter d’en arriver à une décision. 

Les limites de la solidarité francophone?

Dans une lettre ouverte publiée dans Le Journal, deux anciens de l’Agence de la francophonie (maintenant l’OIF), Jean-Louis Roy, ex-secrétaire général, et Roger Dehaybe, ex-administrateur, déplorent «le silence de l’OIF». Ils estiment que son inaction illustre «les limites de la solidarité francophone». 

Ils soulignent que, «selon la presse russe, lors d’un entretien avec Poutine consacré aux mesures de stabilité du marché pétrolier, le prince dirigeant émirati [des Émirats arabes unis] aurait constaté le droit de la Russie à assurer sa sécurité nationale». 

Or les Émirats arabes unis sont membres de l’OIF. Les auteurs suggèrent que les Émirats sont donc en «rupture avec les valeurs communes affirmées dans la Charte de la francophonie et défendues par cette dernière».  

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