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Ukraine: qui tient le plus gros bout du bâton?

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D’un côté, un dictateur qui est prêt à frapper la plus grosse centrale nucléaire d’Europe avec des missiles.

De l’autre, des leaders occidentaux qui, au lieu de cacher leur jeu et laisser planer la menace de représailles musclées à la hauteur de l’acte ignoble commis par l’armée russe, s’empressent de dire qu’ils n’interviendront jamais militairement. 

Selon vous, qui tient le gros bout du bâton ?

  • Écoutez aussi l'édito de Richard Martineau diffusé chaque jour en direct 8 h via QUB radio :

À UN CHEVEU DE LA CATASTROPHE

Si la centrale nucléaire visée par l’armée russe avait explosé, les conséquences, dit-on, auraient été dix fois plus terribles que l’explosion de la centrale de Tchernobyl.  

L’Europe serait devenue un désert. Sans parler du nuage radioactif qui se serait promené au-dessus de nos têtes, menaçant la planète au grand complet. 

On est passé à un cheveu de la catastrophe.

Et on veut négocier avec un tel homme ?

C’est bien beau, armer les Ukrainiens. Mais on parle ici de l’armée russe. L’une des plus puissantes armées au monde. 

On dira que l’armée russe a été défaite en 1989 par des Afghans en sandales. Mais c’est Gorbatchev qui a décidé de retirer les troupes russes. 

Le même Gorbatchev qui, en 2007, fera de la pub pour Louis Vuitton. 

Pas vraiment le même type d’homme, mettons. 

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

« Regardez, je ne rigole pas, a dit Poutine, jeudi. Je suis prêt à aller jusque-là. »

Et nous, on est prêts à aller jusqu’où ?

BLOC AUTOUR DE POUTINE

En 2015, Steven Lee Myers, un journaliste du New York Times qui a vécu sept ans en Russie, a publié une passionnante – et terrifiante – biographie de Poutine intitulée The New Tsar

Voici comment il termine son ouvrage de 481 pages. 

« La plupart des Russes perçoivent les pays occidentaux comme des ennemis qu’ils doivent craindre et auxquels ils doivent résister. “Quand les Russes sentent qu’une nation étrangère fait pression sur leur patrie, ils ont tendance non pas à abandonner leur chef, mais à faire bloc autour de lui, de dire Igor Shuvalov, premier vice-premier ministre du gouvernement russe. Nous sommes prêts à endurer toutes les privations – manquer de nourriture, d’électricité...” »

Ce proche collaborateur de Poutine a tenu ces propos en 2015, quand la Russie était l’objet de dures sanctions de la part des pays occidentaux pour avoir annexé de force la Crimée.  

Vous me direz que nous sommes en 2022 et non en 2015.

Et que la violence dont fait preuve Poutine envers les civils ukrainiens a choqué de nombreux Russes.

  • Rregardez aussi la rencontre Martineau - St Pierre diffusée chaque jour en direct 11 h via QUB radio :

Vrai.

Mais l’âme russe n’a pas changé en sept ans. 

Et comme l’a écrit Jean-François Caron, professeur de science politique à l’université Nazarbayev au Kazakhstan, dans le magazine L’Actualité, les sanctions économiques sont une arme à double tranchant.

Elles peuvent pousser le peuple russe à faire pression auprès de Poutine pour qu’il mette fin au conflit et retire ses troupes (ce que nous espérons).

Mais elles peuvent aussi nourrir le ressentiment et la colère des Russes envers l’Occident.

Comme les sanctions imposées contre l’Allemagne au lendemain de la Première Guerre mondiale ont mis les Allemands en furie. 

C’est une pièce lancée dans les airs.

Bien malin celui qui prétend savoir de quel côté elle tombera...

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