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La Russie et les amis qu’il lui reste

La Russie et les amis qu’il lui reste

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Parallèlement aux bombardements ravageurs, aux morts et aux centaines de milliers de réfugiés, cinq mots terrifiants ont été prononcés au cours de cette horrible semaine de guerre en Ukraine : « Le pire est à venir. » De quoi frémir quand on sait qu’Emmanuel Macron venait de s’entretenir pendant près d’une heure et demie avec Vladimir Poutine.

Il faut se faire à l’idée, Poutine se montrera sans pitié sur le chemin de son objectif, le contrôle complet de l’Ukraine. C’était son attitude pendant le siège de Grozny, de décembre 1999 à février 2000, quand il a voulu anéantir le mouvement séparatiste de Tchétchénie. La capitale tchétchène a été dévastée comme aucune autre ville européenne depuis la Deuxième Guerre mondiale.

Il a fait le même coup en Syrie. À l’automne 2015, lorsque le régime de Bachar el-Assad, son allié syrien, s’est mis à vaciller sous les assauts des forces démocratiques, des combattants d’Al-Qaïda et de l’État islamique et d’autres groupes rebelles, le président russe a fait intervenir sa force aérienne.

On connaît le résultat : des villes entières, dont l’historique Alep, ont été pilonnées jusqu’à ce qu’il n’en reste que des ruines. Le bourreau de Damas a approuvé que les populations civiles – ses propres citoyens – soient visées par ces canonnades, et son complice moscovite s’y est prêté sans contrition.

DES AMIS, MALGRÉ TOUT

Devant une telle intransigeance du président russe, c’est à se demander qui souhaite encore s’acoquiner avec pareil homme ? Ils ne sont pas très nombreux, mais ils existent, les partisans du maître du Kremlin. 

C’est ce qu’a démontré le dernier vote à l’Assemblée générale des Nations Unies, un vote presque insignifiant « déplorant » l’agression de la Russie contre l’Ukraine.

La résolution a été adoptée par 141 voix contre cinq « non » et 35 abstentions. Aucune surprise parmi les cinq « ne déplorant pas l’agression russe ». 

D’abord, la Russie ; normal. Le pantin de Poutine en Biélorussie, Alexandre Loukachenko, est du nombre ; normal, ça aussi. La Syrie, bien sûr : la cabale des martyriseurs de peuples se poursuit.

Les deux autres ne sont pas plus fréquentables : la Corée du Nord et son loufoque, mais non moins tyrannique leader, et l’Érythrée, dirigée elle aussi par un despote qui s’amuse à déstabiliser son voisin éthiopien. On n’en attendait pas moins de ces autocrates.

DE BELLES ET DE MOINS BELLES SURPRISES

L’étonnante abstention de l’Afrique du Sud, pilier de la lutte pour le respect des droits de la personne en Afrique, se justifie apparemment par un respect persistant à l’égard du soutien soviétique du temps de l’apartheid. La Russie est l’héritière de ce capital de sympathie.

Les abstentions de l’Inde (60 % de son arsenal militaire provient de la Russie ou de l’ex-URSS) et du Pakistan (qui cherche à équilibrer sa relation étroite avec Pékin par une liaison plus intime avec Moscou) ont aussi déçu les capitales occidentales.

En contrepartie, le choix de la Serbie et de Cuba – deux alliés russes traditionnels – de s’abstenir, bien que ne démontrant pas un courage démesuré, envoie tout de même un message à Moscou : le déshonneur, vous le gardez pour vous.

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