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Nos barbaries et celles des autres

YEMEN-CONFLICT
Photo d'archives, AFP Le conflit armé au Yémen fait l’objet de peu d’attention en Occident. Il a provoqué la mort de plus de 377 000 personnes en 8 ans, selon l’ONU. Ici, un combattant rebelle jauge les dégâts d’un bombardement, le mois dernier, à Sanaa.

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Je n’aime pas les guerres. Je suis pour la paix, car je n’ai pas envie de voir les gens mourir. Mais la relativité de la perception des guerres à travers le monde me consterne.

L’actualité sera encore longtemps dominée par la guerre en Ukraine. J’écris cependant ma chronique de ce jour dans la mesure exclusive de l’hémisphère gauche de mon cerveau. Le rationnel.

Je resterai à l’intérieur des limites du rationnel pour parler de la relativité du poids de la barbarie contemporaine quand vient le temps d’exprimer nos émotions.

Agressions et réactions

Dans ma chronique du 24 janvier 2022, à l’instar d’autres collègues, j’évoquais l’idée d’une méga catastrophe qui était en train de se tisser entre la Russie et l’Ukraine. Nous y sommes.

D’emblée, avec mes valeurs humanistes, je condamne l’agression barbare de la Russie contre l’Ukraine. Tout comme ce fut le cas avec les agressions barbares de signature états-uniennes sous la houlette de l’OTAN, notamment en Irak et en Libye sur la base de prétextes qui se sont avérés être deux gros mensonges.

Cela étant dit, dans le concert des condamnations de l’agression de la Russie contre l’Ukraine et la diabolisation de son président, un constat factuel comparatif me saute aux yeux : la faible intensité d’indignation et d’empathie vis-à-vis les pays azimutés par l’OTAN et les pertes de vies humaines que cela a occasionnées.

Hier, en Irak, en Libye ou au Yémen comme aujourd’hui en Ukraine, il faut retenir que le droit international, socle de la sécurité des nations de notre planète, a été bafoué ; les droits de la personne moqués, tout comme le droit international humanitaire.

La valeur humaine

Ainsi, il me vient à l’esprit deux simples questions : les vies des citoyennes et des citoyens d’Irak, de Libye ou du Yémen ont-elles moins de valeur que celles des autres peuples ? La souveraineté de l’Irak, celle de la Libye ou celle du Yémen comptent-elles pour des prunes ?

À propos du bombardement de la Libye en 2011 par exemple, je me souviens encore des vaines protestations du président sud-africain d’alors face à la « communauté internationale » : « L’Afrique du Sud dit non au massacre des civils, non à la doctrine de changement de régime et non à l’occupation étrangère de la Libye ou de n’importe quel autre état souverain ».

Ils furent légion, les civils innocents tués par des bombes aveugles de l’OTAN, dans l’indifférence internationale...

Et que penser du conflit au Yémen qui dure depuis bientôt huit ans et qui a déjà cumulé des centaines de milliers de victimes dans une quasi-indifférence de la communauté internationale ?

L’article premier de la Déclaration universelle des droits de l’homme ne dit-il pas que « tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits ? Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité » ?

À moins que certains ne reconnaissent l’humanité que chez une portion de la population terrestre...

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